Commentaire de l’Apocalypse


Prologue (1 :1)

Ap 1 :1 Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ; Il envoya son Ange pour la faire connaître à Jean son serviteur, {2} lequel a attesté la Parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ : toutes ses visions. {3} Heureux le lecteur et les auditeurs de ces paroles prophétiques s’ils en retiennent le contenu, car le Temps est proche !

v1 - Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ; Il envoya son Ange pour la faire connaître à Jean son serviteur, - Révélation=Apocalupsis (grec), c’est à dire le dévoilement de l’avènement de Jésus. Le livre de Daniel est un autre exemple de la littérature apocalyptique. La révélation vient de Jésus Christ et dévoile les projets de Dieu pour le monde et ses serviteurs, l’Eglise. Il montre ce qui se passe au ciel. C’est également une révélation de la personne Jésus Christ. Jésus est révélé comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, l’Alpha et l’Oméga, l’Agneau égorgé etc. On voit Jésus glorifié, tandis que dans les évangiles Jésus est décrit plein d’humilité. Sans le livre l’APOCALYPSE, nous avons une image moins vive du Christ glorifié. Le mot Apocalupsis (dévoilement)et employé également en parlant du second avènement, 1 Co 1 :7, 2 Th 1 :7, 1 P 1 :7, 13, 4 :13. Paul reçut la révélation des évangiles de Jésus Christ (Ga 1 :12). L’APOCALYPSE nous montre le Christ maintenant, dans sa gloire céleste, et nous dit que, lors de son second avènement, tous le verront dans sa gloire et son pouvoir.

v 1 - Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs - Ce livre prétend à la paternité littéraire divine donc la question, si oui ou non Jean l’apôtre est l’auteur, est sans importance. Dieu est l’auteur, Dieu la donna à Jésus, tout comme il lui donna le livre roulé (5 :7). Il s’adresse à ses serviteurs, les chrétiens. Le mot grec pour serviteurs se traduit par esclave. On trouve l’expression « serviteur » ou « servir » très souvent dans l’APOCALYPSE, voir Ap 1 :6, 2 :20, 6 :11, 7 :3 et 7 :15. Le livre s’adresse aux serviteurs de Dieu, c’est à dire, ses saints, pour leur montrer ce qui doit bientôt arriver pour qu’ils ne soient pas pris au dépourvu. 22 :16 : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon Ange publier chez vous ces révélation concernant les Eglises... » Vous, au pluriel. D’autres expressions pour parler du peuple de Dieu : frères et saints. Ceux qui servent Dieu sur terre le serviront au ciel (1 :6, 5 :10, 7 :15, 22 :3).

v 1 - ce qui doit arriver bientôt - c’est à dire « une crise imminente » (Caird) ou « ce qui doit bientôt se produire » (Mounce et Walvoord). Lenski se penche sur le mot grec pour « bientôt ». 22 :7,12,20 indique que cela ne veut pas dire « rapidement » mais plutôt « prochainement », « proche » - « le Temps est proche » (v3). « Bientôt » dans le sens biblique peut représenter un laps de temps assez important, par exemple, « mon retour est proche ! ». Cette phrase englobe l’ère évangile et le livre l’APOCALYPSE fait de même. On trouve cette idée de « bientôt » dans 22 :6, 1 :19 et 4 :1. Ap 4 :1 est le point de vue vu du ciel . Dans Ap 22 :10 on conseille à Jean de ne pas sceller les paroles de la prophétie car le moment est proche. On dit à Daniel de sceller les paroles du livre jusqu’au temps de la Fin, Dn 12 :4. J’interpréterai l’APOCALYPSE comme étant pertinente à chaque génération depuis les sept églises jusqu’au retour de Jésus. Dans Dn 2 :28, Dieu dévoile les mystères et montre à Nabuchodonosor ce qui doit arriver à la fin des jours (Caird). On sait, grâce à Jean 21 :22, que le disciple Jean s’attendait à voir le second avènement.

Johnson note que, dans la littérature eschatologique et apocalyptique, on considère que l’avenir est proche, sans parler du laps de temps (cf. Lc 18 :8). En d’autres termes, « bientôt » n’exclut pas des délais ou d’autres événements entre temps. Dans chapitre 6, on entend les cris des martyrs : « Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? » On leur dit de patienter encore un peu (6 :10-11). L’église, à travers les âges, a vécu dans l’attente de la consommation. « Bientôt » fait allusion à un événement possible à n’importe quel moment, mais jamais impossible.

v 1 - Il envoya son Ange pour la faire connaître à Jean son serviteur, - c’est à dire, il a envoyé un messager. Les paroles « pour la faire connaître » veulent dire « signifier » (semaino) du grec, donc le message est sous forme de signes (ex. 12 :1, 12 :3, 15 :1). La mention à l’ange est répétée dans Ap 22 :6, 22 :16. Jean est un prophète (22 :9-10) et Dieu lui révèle ses projets (Am 3 :7), Jean ne doit pas garder cette révélation pour lui (22 :10). On peut interpréter chapitre 10 (où l’ange donne à Jean le petit livre roulé à manger) comme l’ange qui donne cette prophétie à Jean, car on lui dit de prophétiser des peuples, nations, langues et rois (10 :11). Il faut noter que cet ange prend l’apparence du Christ, car il est l’ange du Christ. Comparons son apparence de 10 :1 avec la description du Christ dans 1 :13-16. Dans 17 :1 un ange montre à Jean la punition de la fameuse prostituée et dans 21 :9, un ange lui montre la mariée, l’épouse de l’Agneau.

v2 - lequel a attesté la Parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ : toutes ses visions - Jean donne ici son propre témoignage et soutient la véracité du livre. Il a vu la parole de Dieu, et le témoignage de Jésus (voir vers précèdent et 22 :16) ou le témoignage de l’identité de Jésus, notamment le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. C’est aussi la raison pour laquelle Jean se trouvait dans l’île de Patmos (v9) à cause de la parole de Dieu et le témoignage de Jésus. L’APOCALYPSE est la parole de Dieu et le témoignage de Jésus, ce n’est pas une invention de l’homme. On ne devrait pas laisser ce livre de côté simplement parce qu’il est difficile à comprendre. Il contient un message important pour les saints. Il nous appelle de rester fidèle jusqu'à la mort (2 :10, 12 :11) et proclame sa paternité littéraire divine. Les martyrs de 6 :9 et 20 :4 furent tués à cause de la parole de Dieu et le témoignage pour Jésus. L’APOCALYPSE est le dernier livre de la Bible, en lieu et en temps. On doit chercher son interprétation dans le livre même mais aussi dans le reste de la Bible. Dans Jn 21 :24, le disciple Jean, celui qui écrivit l’évangile de Jean, témoigne de sa véracité. Voir également 19 :35, 3 Jn 1 :12 cf. Ap 22 :8. Dans 22 :16, Jésus déclare avoir donné ce témoignage à Jean lui-même et, dans 22 :20, Jésus en témoigne. Dans 19 :9, l’ange dit à Jean « Ces paroles de Dieu sont vraies » et dans 22 :6, l’ange lui dit « Ces paroles sont certaines et vraies ; le Seigneur Dieu, qui inspire les prophètes, a envoyé son Ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ». Ceci sert à confirmer encore et encore la véracité du témoignage car les serviteurs de Dieu doivent être prêts à mourir pour leur foi. Ces paroles ont une importance suprême. S’il n’y a pas de ciel, pas de terre, pas de lac de souffre, alors pourquoi mourir pour sa foi.

v3- Heureux le lecteur et les auditeurs de ces paroles prophétiques s’ils en retiennent le contenu, car le Temps est proche ! - Celle-ci est la première de sept bénédictions dans le livre. On doit lire les paroles à haute voix, les lettres aux sept églises également. C’était la pratique courante dans l’église (Col 4 :16, 1 Th 5 :27). Walvoord note que « lecteur » est au singulier, tandis que « auditeurs » et au pluriel et représente le corps de l’église. « Ces paroles prophétiques » signifie le livre en entier (voir 22 :7, 22 :18), et le fait que l’église n’apparaît pas entre chapitres quatre et vingt, ne veut pas dire qu’elle ne doit pas écouter les paroles. La bénédiction indique, comme « le Temps est proche » que le contenu s’applique à chaque génération. On trouve confirmation dans l’histoire de l’Eglise lorsque les fidèles ont été persécutes. Heureux le lecteur et les auditeurs de ces paroles prophétiques s’ils en retiennent le contenu - dans 22 :7 il y a une autre bénédiction pour ceux qui gardent les paroles de la prophétie. Elles purifient, soutiennent pendant la persécution, et gardent des compromis avec le monde. Elles donnent du courage pour nous permettre de nous joindre aux invités au festin de noce de l’Agneau, 19 :9.

v3- ces paroles prophétiques - Ce livre est une prophétie : Jésus dit « Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre » (22 :7). La prophétie nous dit ce qui va arriver dans l’avenir mais contient également un message. Il y aurait des résultats néfastes pour celui qui essaie de changer les paroles de cette prophétie (22 :18-19). Dans 19 :10, on nous dit que « Le témoignage de Jésus, c’est l’esprit de prophétie. » Dans 22 :6, il est écrit : « le Seigneur Dieu, qui inspire les prophètes, a envoyé son Ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ». Dans 22 :10, on dit à Jean : Ne tiens pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le Temps est proche. »

Les prophètes et les prophéties figurent également dans le livre de Jean. Dans 10 :11, après avoir mangé le petit livre roulé, on lui dit : «  Il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois. »

Les deux témoins sont des prophètes, ils prophétisent pendant 1260 jours, ils ont le pouvoir de clore le ciel pour qu’il ne pleuve pas pendant ce temps et « les habitants de la terre s’en réjouissent et s’en félicitent ; ils échangent des présents car ces deux prophètes leur avaient causé bien des tourments» (11 :6). Jean se prend pour un prophète (22 :9). Les prophètes sont différenciés des saints dans 11 :18, 16 :6, 18 :20, 18 :24, et c’est sans doute le premier office des prophètes (Ep 4 :11) auquel on fait référence car on trouve les apôtres dans 18 :20, l’église est construite sur les fondations des apôtres et les prophètes avec Jésus Christ comme pierre d’angle (Ep 2 :20).

v3 - car le Temps est proche ! - Ceci nous donne une autre indice à l’interpretation à l’APOCALYPSE. Dans les écritures, l’avènement du Seigneur est toujours proche, par exemple Jc 5 :8 :  « Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos coeurs, car l’Avènement du Seigneur est proche », et 1 P 4 :7 : « La fin de toutes choses est proche ». Pour chaque génération de chrétien, l’avènement du Seigneur est toujours proche, donc ce livre s’adresse à chaque génération. Les derniers jours sont ceux entre la Pentecôte et l’Avènement. 1 :19 : Ecris donc ce que tu as vu : le présent et ce qui doit arriver plus tard. 22 :6 : a envoyé son Ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. L’APOCALYPSE est la dernière lettre de Dieu à l’église et réconfortera l’église persécutée à travers les générations à venir. Jean insiste sur le fait qu’on doit garder à cœur le message de ce livre maintenant et on ne doit pas attendre l’avenir. De la même manière, on est sensé se préparer pour le second avènement du Seigneur car il pourrait arriver à n’importe quel moment. Les écritures sont très claires là-dessus, il viendra au moment où nous ne l’attendons plus (Mt 24 :44).

Adresse (1 :4)

Ap 1 :4 : Jean, aux sept Eglises d’Asie. Grâce et paix vous soient données par « Il est, Il était et Il vient », par les sept Esprits présents devant son trône, {5} et par Jésus Christ, le témoin fidèle, le Premier-né d’entre les morts, le Prince des rois de la terre. Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang, {6} il a fait de nous une Royauté de Prêtres, pour son Dieu et Père : à lui donc la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen. {7} Voici, il vient avec les nuées ; chacun le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et sur lui se lamenteront toutes les races de la terre. Oui, Amen ! {8} Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, « Il est, Il était et Il vient », le Maître-de-tout.

v4 - Jean, aux sept Eglises d’Asie. - Ceci est l’introduction de Jean. Il est connu par les sept églises et se présente simplement comme Jean. Il y avait plus que sept églises en Asie. Les sept églises d’Asie, c’est à dire, la Turquie de nos jours, représentent toute l’église. Le chiffre sept apparaît 52 fois dans le livre et indique l’état complet divin car Dieu acheva la création et se reposa pendant le septième jour, voir Gn 2 :2 (voir aussi Wilcock p62, 156). Cette lettre aurait été envoyé aux églises exactement comme les lettres de Paul (Col 4 :16).

v4 - Grâce et paix vous soient données - C’est une salutation convenable pour les saints qui sont sauvés par la grâce et qui sont donc en paix avec Dieu. On trouve la même salutation dans 17 livres du NT, toutes les épîtres de Paul (Rm 1 :7), Pierre (1 P 1 :2, 2 P 1 :2) et 2 Jean. « Paix » résume la bénédiction de ce royaume ; « grâce » décrit leurs origines (Ramsey). Toutes les bénédictions célestes pour l’homme impuissant, confronté aux misères ; le péché ; la colère ; les désirs et les tribulations sont compris dans le mot « paix ». La paix qui vient de Dieu et qui réconcilie avec Dieu. Ces mêmes mots qui viennent du ciel, apportant la grâce pour vous réjouir et vous sauver, impliquent que Dieu vous considère en inimitié avec Lui, et sous l’emprise de Sa loi sainte. La délivrance de cet état de péché et de misère ne peut être accordée que par Son don gratuit. (Ramsey).

v4 - par « Il est, Il était et Il vient » - Il suit maintenant une formule pour la Trinité. Du Dieu éternel, qui est maintenant, qui est du passé et de l’éternité (voir également 1 :8, 4 :8, 11 :17). Cette salutation vient de Dieu le Père, le Sainte Esprit et le Fils, voir v4-5. Cela ressemble au nom de Dieu donné à Moïse «  Je suis celui qui est » et « Je suis » (Ex 3 :14), Sa demeure est éternelle (Is 57 :15). Cette désignation ne peut s’appliquer qu’à Dieu.

v4 - par les sept Esprits présents devant son trône - Sept fait référence à l’état complet. Isaïe donne sept modes (en réalité six) d’opération de l’esprit dans la vie du Christ (Is 11 :2-4). Voir également Jean 14 :16-27 : l’Esprit réconforte (16), est l’Esprit de Vérité (17), demeure en nous (17), se manifeste en Jésus (21), se manifeste devant Jésus et le Père (23), nous enseigne (26), nous donne la paix (27) {POSB}. On trouve une référence aux sept esprits dans la lettre à Sardes (3 :1), et dans les sept lampes de feu devant le trône de Dieu (4 :5), et les sept yeux de l’Agneau, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés partout sur la terre (5 :6). Jean ne va pas à l’encontre de la doctrine traditionnelle d’un seul Esprit. Pour une explication plus complète voir les remarques sur 4 :5.

v5 - et par Jésus Christ, le témoin fidèle - Jésus est le dernier de la trinité mais a une triple identité : « le témoin fidèle, le Premier-né d’entre les morts, le Prince des rois de la terre » (Johnson). Jésus nous explique et nous montre à quoi ressemble Dieu pendant sa vie sur terre. Il est le témoin fidèle (Jn 8 :13), Antipas fut un témoin fidèle (2 :13), il était fidèle à la mort tout comme Jésus fut fidèle jusqu'à la mort . A l’église de Laodicée, il est le témoin fidèle et vrai, voir aussi le cavalier sur un cheval blanc Ap 19 :11, qui s’appelle Fidèle et Vrai. Le mot grec pour témoin est « martus ». Ce mot s’applique donc, au martyr Antipas (2 :13), Jésus le témoin vrai (3 :14, les deux témoins (11 :3) et le sang des martyrs (17 :6), le lien commun étant qu’ils scellent tous leur témoignage de leur sang.

v5 - le Premier-né d’entre les morts - Ceci est un des nombreux titres de Jésus Christ. Il est le premier à se ressusciter, voir Col 1 :18. Dans le recensement d’Israël d’Ap 7 :5, on voit le premier tribu, d’habitude le premier-né, cité comme Juda car Jésus descend de Juda. Sa position de Premier-né nous rassure de notre résurrection lors de son avènement, car Il est le Premier-né de tous les frères (Rm 8 :29, 1 Co 15 :20-23). Ceci est très important car l’APOCALYPSE nous dit clairement que les chrétiens doivent rester fidèles jusqu'à la mort (2 :10, 6 :9, 11 :7, 13 :7-10, 13 :15, 17 :6, 20 :4).

v5 - le Prince des rois de la terre - l’APOCALYPSE a pour but de nous démontrer que Jésus est le prince des rois de la terre. Ceci est un titre divin cf. 1 Tm 6 :15. On trouve souvent mention aux rois de la terre dans l’APOCALYPSE, c’est également une expression courante dans le reste de la Bible. Les rois de la terre se cachent de l’Agneau (6 :15) ; les rois de la terre engagent le combat contre le cavalier (19 :19) ; et perdent (19 :21). L’APOCALYPSE nous montre que Jésus règne sur les riches et les pauvres (6 :15). Les rois de la terre apportent leurs trésors (21 :24). Jésus est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (17 :4, 19 :16). Dans ce livre il démontre son autorité en triomphant sur ceux qui luttent contre lui. Ladd constate que Jean fut conscient de la tendance à déifier et d’adorer l’empereur romain à son époque. Le Sénat Romain déclara divins après leurs morts, les empereurs Jules César, Augustes, Claudius, Vespasien et Titus. Ce trois derniers employaient le terme DIVUS (divin) sur leurs pièces de monnaie. Domitien, empereur à l’époque de Jean, ordonna qu’on l’adresse comme Dominus et Deus (Seigneur et Dieu). L’APOCALYPSE a pour but de montrer que, malgré les apparences, Jésus Christ fut le véritable roi des rois sur terre, Il est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Pour les chrétiens qui vivent entre son premier et second avènement, le fait que le Christ est le roi des rois doit être accepté sur la foi, car les faits historiques seront souvent de l’avis contraire. L’APOCALYPSE nous montre la réalité spirituelle derrière ce qu’on peut voir de nos propres yeux. Par exemple, la Bête qui représente la pouvoir politique, tire son pouvoir de Satan, mais lors de son second avènement, Jésus sera déclaré puissant et vaincra la Bête et Satan.

v5 - Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang - il y a ensuite une description triple de son travail de sauveur. Adoration à notre sauveur à celui qui nous aime et a prouvé son amour en mourant crucifié pour nous laver de nos péchés. La définition d’un chrétien est celui qui est aimé par le Christ et délivré de ses péchés. Ce livre fut écrit pour tous ceux qui sont sauvés par le sang du Christ. Seul son sang peut nous laver et nous libérer de nos péchés et nous rendre dignes de Dieu. Seul ceux qui acceptent la parole de Dieu et le témoignage de Jésus comprendront vraiment ce livre. Jésus est le seul qui peut nous sauver de la colère de Dieu, illustrée par les coupes de ce livre et l’étang de soufre et de feu, 1 Th 1 :10. Ici, dans un livre qui juge énormément, on nous rappelle l’évangile : Car c’était Dieu qui, dans le Christ, se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation (2 Co 5 :19). Le sang de Jésus, qui nous purifié de nos péchés est un thème de Jean (1 Jn 1 :7) tout comme l’amour de Dieu (1 Jn 4 :7-11).

v6 - il a fait de nous une Royauté de Prêtres, pour son Dieu et Père : à lui donc la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen. - En plus de nous aimer et de mourir pour nous, il nous a fait une royauté de prêtres. Ceci ressemble à Ap 5 :10, « tu as fait d’eux pour notre Dieu une Royauté de Prêtres régnant sur la terre. » Voir aussi 20 :6 , 22 : 5. Ladd note qu’on appelle l’église un royaume, non seulement parce que c’est une population qui vit sous un roi, mais parce qu’elle participe au règne messianique du Christ (voir 5 :10, Mt 5 :2-5, 19 :28, Lc 22 :30). Les références principales la royauté de prêtres viennent de Ex 19 :5-6 dans l’AT et de 1 P 2 :9 dans le NT. Dans Ex 19 :5-6, les Israélites reçoivent la promesse que Dieu les tiendra bien propre parmi tous les peuples et qu’ils seront un royaume de prêtres. Le tribu de Lévites devint des prêtres et, à la mort de Jésus, la voile dans le temple fut divisé en deux pour montrer que dorénavant tous les saints sont des prêtres. 1 P 2 :9 souligne le fait que les saints sont les élus : « vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». Dans l’AT, un prêtre était un médiateur entre Dieu et le peuple, qui offrait des sacrifices et de l’encens de leur part pour leur péchés. Dans le NT, le sacerdoce signifie, transmettre au monde la bonne nouvelle des évangiles, faire savoir que Jésus est mort pour nous et prier pour nos péchés.

D’autres références à « Servez Dieu » se trouvent dans Ap 7 :15, 22 :3. Les saints font partie d’un royaume dont le roi est Christ. Avant on faisait partie du royaume de Satan (Co 1 :13). Servir son Dieu et Père, nous rappelle les paroles de Jésus à ses disciples après la résurrection : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20 :17). Ces deux vers (5 & 6) font référence à ceux qui connaissent Jésus, le vers suivant fait référence à ceux qui ne le connaissent pas.

v7 - Voici, il vient avec les nuées ; chacun le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et sur celui se lamenteront toutes les races de la terre. Oui, Amen ! - En contraste avec les vers précédents, ce vers parle des lamentations des peuples de la terre qui ne connaissent pas l’amour de Dieu. Le second avènement sera un événement public, tout le monde le verra (Mt 24 :30), il n’apportera pas la rétribution pour ceux qui ne le connaissent pas (2 Th 1 :7-9, Ap 6 :15-17, 11 :18, 14 :17-20, 19 :15) mais sera la merveille des saints (2 Th 1 :10, Ap 19 :6-9). Cette vision du second avènement est un mélange de Dn 7 :13 et Za 12 :10. L’avènement apportera du réconfort pour l’Eglise mais le jugement pour le monde (Za 12 :10, Mt 24 :30).

Le second avènement, et le jugement de l’humanité, est un des grands thèmes de ce livre. On le trouve pour la première fois dans vers 7, et la dernière fois dans les derniers vers de l’APOCALYPSE. Le livre se concerne des événements qui précèdent l’avènement. Voir Mt 24. Il y a au moins douze références au second avènement , les autres références sont les suivantes :

L’église à Sardes 3 :3
L’église à Philadelphie 3 :11
Le sixième sceau 6 :12
Les deux témoins emportés au ciel 11 :12
Le moisson de la terre 14 :14
La sixième coupe , « Voici que je viens comme un voleur » 16 :15
La destruction de Babylone 17 :14
Le cavalier sur le cheval blanc 19 :11
La conclusion de l’APOCALYPSE : 22 :7, 22 :12, 22,20.

v8 - Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, « Il est, Il était et Il vient », le Maître-de-tout. - L’Alpha et l’Oméga sont les premières et dernières lettres de l’alphabet grec, donc on doit le prendre comme le début et la fin de l’historie. Il est l’auteur de l’histoire. Les sept sceaux (Ap 5) représentent le dévoilement du plan de Dieu. L’APOCALYPSE nous montre Dieu souverain. Cette appellation d’Alpha et Oméga est répétée dans 21 :6, 22 :13. Il est venu sur terre et mort crucifié (qui était), il est à la main droite de Dieu (qui est) et il reviendra dans la puissance et la gloire (qui vient). Dans Co 1 :15-20, on voit que toutes choses furent crées par lui et pour lui, il est le commencement de la création, le premier-né d’entre les morts, le premier à se ressusciter. A son retour, il consommera l’âge actuel et les justes se ressusciteront. Il y aura un nouvel âge avec un ciel nouveau et une terre nouvelle.


Scène 1 : L’Eglise dans le monde

Un comme le Fils de l’Homme (1 :9)
Les lettres aux sept églises (2 :1)
Ephèse (2 :1)
Smyrne (2 :8)
Pergame (2 :12)
Thyatire (2 :18)
Sardes (3 :1)
Philadelphie (3 :7)
Laodicée (3 :14)

Comme le Fils de l’Homme (1 :9)

Ap 1 :9 Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l’épreuve, la royauté et la constance, en Jésus. Je me trouvais dans l’île de Patmos, à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus. {10} Je tombai en extase, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix clamer, comme une trompette : {11} « Ce que tu vois, écris-le dans un livre pour l’envoyer aux sept Eglises : à Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. »

{12} Je me retournai pour regarder la voix qui me parlait ; et m’étant retourné, je vis sept candélabres d’or, {13} et, au milieu des candélabres, comme un Fils d’homme revêtu d’une longue robe serré à la taille par une ceinture en or. {14} Sa tête, avec ses cheveux blanc, est comme de la laine blanc, comme de la neige, ses yeux comme une flamme ardente, {15} ses pieds pareils à de l’airain précieux que l’on aurait purifié au creuset, sa voix comme la voix des grandes eaux. {16} Dans sa main droite il a sept étoiles, et de sa bouche sort une épée acérée, à double tranchant ; et son visage, c’est comme le soleil qui brille dans tout son éclat.

{17} A sa vue, je tombai à ses pieds, comme mort ; mais il posa sur moi sa main droite en disant : « Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier, {18} le Vivant ; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l’Hadès.

{19} Ecris donc ce que tu as vu : le présent et ce qui doit arriver plus tard. {20} Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept candélabres d’or, le voici : les sept étoiles sont les Anges des sept Eglises ; et les sept candélabres sont les sept Eglises.

Jean voit le Christ ressuscité et glorifié, et on l’ordonne d’écrire aux sept églises. On lui dit d’écrire ce qu’il a vu, ce qu’est maintenant et ce qui aura lieu. On lui explique également la signification des sept étoiles et les sept candélabres.

v9 - Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l’épreuve, la royauté et la constance, en Jésus. Je me trouvais dans l’île de Patmos, à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus. - La constance est un mot clef de ce livre, elle implique constance et endurance face à la persécution, 13 :10, 14 :12. Jean écrit en tant que frère dans la souffrance lorsqu’il écrit de l’île de Patmos. Il n’écrit pas dans le confort de son foyer, mais comme frère dans la souffrance et, à cause de cela, ses lettres ont encore plus de signification. Il a souffert pendant son séjour dans l’île de Patmos à cause de la Parole de Dieu et son témoignage pour Jésus Christ, ceci est une répétition de Ap 1 :2. La tribulation dans le monde fait partie intégrale de la vie chrétienne, comme le constate Jésus (Jn 16 :33) et Paul (Ac 14 :22). Ladd remarque que nos souffrances sont « en Jésus » tout comme Paul utilise l’expression « dans le Christ ». L’allusion au nom de Jésus, nous rappelle sa vie dans la chair. Nous devons triompher comme Il a triomphé. La constance et l’endurance marquent un contraste net avec la vengeance cf., 1 P 2 :23.

v10 - Je tombai en extase, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix clamer, comme une trompette, - « Le jour du Seigneur » est une mauvaise traduction, car ce terme ne fut employé que bien après l’âge apostolique. Beaucoup croient que Jean écrivait dans l’année 95 AD, vers la fin de la règne de Domitien (81-96 AD). Domitien s’est livré à une persécution effrayante des chrétiens qui refusaient de reconnaître sa divinité. Chaque année, à une date précise, tous les citoyens romains devaient se rendre au temple, offrir de l’encens et déclarer, « César est Seigneur ! » Ce jour portait le nom de « le jour du Seigneur » (Hill). Jean fut aussi « en extase » dans 4 :2, 17 ;3, 21 :10, et cela pourrait marquer quatre divisions majeures dans le livre. Ici, au début de sa vision, il voit le Christ ressuscité ; dans 4 :2, il voit Dieu sur son trône ; dans 17 :3, il voit la femme assise sur la Bête écarlate ; dans 21 :10, il voit la Cité sainte de Jérusalem qui descendait de chez Dieu. Il était en extase et transporté dans l’Esprit, à en perdre notion du temps et des sens, dans un monde invisible de réalités spirituelles (Wilson). Comparons cela avec l’expérience de Ezéchiel dans Ez 2 :2 où l’Esprit entra en lui et lui parla, ou les expériences de Paul dans 2 Co 12 :4 où il fut ravi jusqu’au paradis. Ici la trompette signifie « écoute ». Les sept trompettes, plus tard, peuvent être considérées comme la voix de Dieu.

v11 - « Ce que tu vois, écris-le dans un livre pour l’envoyer aux sept Eglises : à Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. » - On ordonna à Jean d’écrire ce qu’il a vu. Il devait, dans un premier temps, envoyer le message aux sept églises d’Asie. Sept est le chiffre qui représente un état complet divin car Dieu se reposa le septième jour de la création, Gn 2 :2. Les sept églises représentent toute l’Eglise du Christ. De la même façon, les épîtres de Paul aux Romains, Corinthiens, Galates, Ephésiens etc., s’adressent à toute l’Eglise. L’ordre des sept églises suit, géographiquement, une route circulaire.

v12 - Je me retournai pour regarder la voix qui me parlait ; et m’étant retourné, je vis sept candélabres d’or, - On nous explique plus loin que les sept candélabres sont les sept églises ( v20) et chaque candélabre aurait une lampe. Dans 4 :5, les sept lampes sont liées aux sept Esprits de Dieu. Le temple de Salomon avait dix chandeliers en or (1 R 7 :49) et dans Ap 11 :4, on voit « deux flambeaux qui se tiennent devant le Maître de la terre », le chiffre deux représente les deux témoins.

v13 - et au milieu des candélabres, comme un Fils d’homme revêtu d’une longue robe serrée à la taille par une ceinture en or. - Quelqu’un « comme un Fils d’homme » fait allusion au Christ et on retrouve cette expression dans 14 :14. On le trouve également dans Dn 7 :13. « Fils d’homme » apparaît 30 fois dans Matthieu ; 14 fois dans Marc ; 25 fois dans Luc ; et 13 fois dans Jean. Notez que « Fils de Dieu » n’apparaît que 8 fois dans Matthieu ; 3 fois dans Marc ; 6 fois dans Luc ; et 6 fois dans Jean. Le Christ est parmi les candélabres, c’est à dire, parmi l’église, ainsi on voit les liens intimes entre le Christ et Son église. Voir, Mt 28 :19 « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin de l’âge. »

La ceinture en or, autour de sa taille représente la fidélité (Is 11 :5), La prêtrise portait également des ceintures (Ex 28 :4, 39 :29), un prophète s’habillait de la même manière (So 3 :4). Dans Ap 19 :13, Il porte un manteau trempé de sang et dans 19 :16 , un nom est inscrit sur son manteau : ROI DES ROIS ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS. Dans Dn 10 :5, Daniel vit un homme vêtu de lin, avec une ceinture d’or.

v14 - Sa tête, avec ses cheveux blanc, est comme de la laine blanche, comme de la neige,  - Cela indique l’âge, et la sagesse, comme un juge qui porte une perruque. Voir la description dans Daniel de l’Ancien, qui avait les cheveux purs comme la laine (Dn 7 :9).

v14 - ses yeux comme une flamme ardente - C’est à dire, il voit tout avec clarté et il juge ce qu’il voit. Il loue ce qui est bien et corrige ce qui est mal. On le voit à nouveau avec les yeux comme une flamme ardente dans la lettre à Thyatire, et il est clairement identifié comme étant le Fils de Dieu (2 :18). On retrouve cette description dans 19 :12, lorsqu’il apparaît comme le cavalier sur le cheval blanc et dans Dn 10 :6, on voit ses yeux comme des lampes de feu. Dans 5 :6, il a sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu en mission par toute la terre. Dans 4 :5, sept lampes brûlent, qui sont les sept esprits de Dieu, voir 2 Ch 16 :9 : Puisque Yahvé parcourt des yeux toute la terre. Notre Seigneur voit tout ce qui concerne les sept églises, il est au courant de leur condition, comme indiqué par la phrase « Je connais ta conduite » et que l’on retrouve dans la plupart des lettres.

v15 - ses pieds pareils à de l’airain précieux que l’on aurait purifié au creuset, sa voix comme la voix des grandes eaux. - Ses pieds pareils à de l’airain, ce qui signifie la force et la stabilité, voir également Dn 10 :6 : ses bras et ses jambes comme l’éclat du bronze poli. Sa voix comme la voix des grandes eaux, voir Dn 10 :6 : le son de ses paroles comme la rumeur d’une multitude. Voir aussi Ez 1 :24, 43 :2 où sa voix est comme les grandes eaux. Cette description est répétée dans l’introduction de la lettre à l’église à Thyatire (2 :18).

v16 - Dans sa main droite il a sept étoiles, et de sa bouche sort une épée acérée, à double tranchant ; et son visage, c’est comme le soleil qui brille dans tout son éclat - Les sept étoiles dans sa main droite sont les anges des sept églises, v20, à qui les lettres sont adressées, 2 :1 etc. Les sept étoiles sont mentionnées également dans la lettre à l’église de Ephèse, 2 :1 et la lettre à Sardes, 3 :1. Son visage comme le soleil qui brille nous rappelle le Christ transfiguré, Mt 17 :2. Paul décrit le Christ ressuscité comme une grande lumière, Ac 22 :6. Il n’y a aucun doute que cela fait illusion au Christ dans toute sa gloire. Comparons-le à la description de Dieu dans 1 Tm 6 :16, qui habite une lumière inaccessible. Isaïe dit que le Seigneur « a fait de ma bouche une épée tranchante », Is 49 :2.

v16 - et de sa bouche sort une épée acérée, à double tranchant - une épée à double tranchant fait référence à la parole de Dieu, voir He 4 :12, Ep 6 :17. Comparons cette description avec celle du cavalier sur le cheval blanc dans Ap 19 :15, 21 : De sa bouche sort une épée acérée pour en frapper les païens. Dans 2 :12, il est décrit comme celui qui a l’épée acérée à double tranchant et, dans 2 :16, il combattra ceux de l’église de Pergame qui ne repentissent pas, de l’épée de sa bouche. Comparons cela avec Is 11 :4 : Il frappera le pays de la férule de sa bouche, et du souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. L’épée représente le jugement, de l’église et du monde.

v17 - A sa vue, je tombai à ses pieds, comme mort ; mais il posa sur moi sa main droite en disant : « Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier - Lorsque Jean l’a vu, il est tombé à ses pieds à cause du manque de mérite de son humanité. Ceci est arrivé trois fois à Daniel lorsqu’il vit l’ange, il a du être réconforté, tellement il fut terrorisé par ce qu’il vit, Dn 8 :18, 10 :9, 10 :18. Jésus place sa main droite sur Jean pour le réconforter et lui donner du courage. Jésus emploie la phrase «  Ne craignez point » après sa résurrection, Mt 28 :10. La phrase, « Je suis le Premier et le Dernier » est un titre divin cité d’Isaïe 44 :6, 48 :12. Le Christ est le premier et le dernier, cette description se trouve dans l’introduction de la lettre à Smyrne, dans 21 :6 il est décrit comme étant l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin, ceci est répété dans Ap 22 :13.

v 18 - le Vivant ; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l’Hadès. - Ceci est une allusion à sa vie, sa mort et sa résurrection et souligne le fait que le Christ vit éternellement. Une fois qu’il est mort et ressuscité, et a visité le monde d’Hadés, ( 1 P 3 :18) il a de l’autorité sur les deux mondes (xxxx). Il a de l’autorité sur le livre de la vie qui détermine le destin de chaque homme (3 :5). L’appellation, « le Premier et le Dernier, celui qui fut mort et qui a repris vie » se trouve dans l’introduction de la lettre à Smyrne et concerne ceux de Smyrne de près parce qu’ils allaient subir la persécution (2 :8). Cela signifie que, comme le Christ a vécu, est mort et revit, nous aussi revivrons après notre mort lorsqu’il reviendra, puisqu’il vit (Jn 14 :19) et il nous fera revivre au dernier jour (Jn 6 :40).

v19 - « Ecris donc ce que tu as vu : le présent et ce qui doit arriver plus tard. » - Jésus est le Principe et la Fin, donc il est bien placé pour dire à Jean ce qui doit arriver plus tard, puisqu’il le sait (xxxx). Le Christ ordonna à Jean d’écrire, l’auteur est Christ, Jean n’est que le scribe. La Révélation montre à Jean sa vision précédente du Christ (ce que tu as vu), le présent, c’est à dire les lettres aux sept églises, et l’avenir (ce qui doit arriver plus tard). Ce n’est pas seulement l’avenir lointain, mais va jusqu’à la Fin. Ap 4 :1, introduit l’avenir et représente une division majeure dans le livre. Chaque lettre aux sept églises, représente le présent.

v20 - « Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept candélabres d’or, le voici : les sept étoiles sont les Anges des sept Eglises ; et les sept candélabres sont les sept Eglises. - Christ dévoile ici le mystère des sept étoiles et les sept candélabres, comme promis dans le premier vers de l’APOCALYPSE. Les sept candélabres sont symboliques des sept églises. Christ nous montre que l’APOCALYPSE est un livre symbolique et donc, nous devons interpréter les symboles pour comprendre le message. Jésus nous donne les clefs de l’interpretation ici. Jésus est la seule lumière dans l’obscurité du monde et l’église montre cette lumière au monde, donc elle est le candélabre (comparons avec Mt 5 :15 où on met la lampe sur une lampadaire). Il faut noter que l’Eglise est la lampadaire (Gk. Luchnia) et non pas la lampe (Gk. Luchnos), la lampe est le Saint Esprit (voir 4 :5) et Jésus (21 :33). L’Eglise sert pour poser la lampe et le Saint Esprit y vit. La même idée est exprimée dans les deux témoins (11 :4). L’Agneau est décrit comme la Lampe de la Jérusalem Nouvelle (voir 21 :23 et 22 :5), voir les notes sur 21 :23. Dans 2 Co 4 :6-7 : « Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. » Dans Mt 5 :14, Jésus dit à ses disciples, « Vous êtes la lumière du monde » c’est à dire en tant que témoins pour Jésus, l’église est le corps du Christ sur terre, ses mains, sa voix, etc. Les candélabres sont en or, ce qui indique le valeur de l’Eglise aux yeux de Dieu. La cité de la Nouvelle Jérusalem est également en or. Comme on voit le Christ dans sa gloire, nous devons le montrer au monde entier. Sa gloire est déjà décrite dans Ap 1 :16, voir 2 Co 3 :18. Dans 4 :5, nous trouvons sept lampes de feu brûlant devant le trône de Dieu, qui sont les sept esprits de Dieu. Ainsi, le symbole pour l’église est la lampadaire ou réside la lampe ( le Saint Esprit). Jean pense peut-être aussi au candélabre avec les lampes qui illumine le sanctuaire (Ex 25 :31-40, Nb 8 :2). Comparons également les deux lampadaires de 11 :4, qui sont deux oliviers et indiquent que l’église, dans son témoignage, reçoit son pouvoir du Saint Esprit (cf. So 4 :1). L’image de l’église comme un candélabre est appropriée, car son devoir est d’éclairer le monde et de montrer Jésus. On voit un exemple de cela dans les deux témoins qui doivent leur pouvoir au Saint Esprit (11 :4). Le témoignage de l’église, dans la vie et dans la mort, est un thème que l’on trouve tout au long du livre (2 :13, 6 :9 , 12 :11, 12 :17, 19 :10, 20 :4).

Le Christ interprète les sept étoiles dans sa main droite comme étant les anges des sept églises, ce qui est aussi énigmatique que les sept étoiles. La cinquième trompette nous montre une étoile qui est tombée du ciel est qui est sans doute Satan (9 :1). Dans 12 :4, la queue du dragon balaie un tiers des étoiles du ciel et les précipite sur terre, ceci fait sans doute allusion aux anges qui sont tombés avec Satan. Les lettres aux sept églises s’adressent à l’ange de l’église. Notez que le mot « ange » (Gk. Angelos) signifie messager. Ex 23 :20-23 fait allusion à un ange qui devait garder les Israélites pendant leur traversée du désert, pour les mener jusqu'à la terre promise. Daniel parle du prince du royaume Perse, sans doute un ange du mal, qui résista l’ange-messager. Il fut aidé par Michel, un grand prince qui protège le peuple de Daniel (Dn 10 :13, 21, 12 :1), Michel est, à priori, l’archange Michel (Jude 1 :9 et Ap 1 :7). On nous dit que les enfants croyants ont des anges au ciel qui voient le visage de Dieu (Mt 18 :10). Dans l’APOCALYPSE, on voit l’ange de l’abysse (9 :11), l’ange préposé au feu (14 :18), l’ange des eaux (16 :5). Donc il est tout à fait plausible que chaque église avait son propre ange.

Une autre solution est proposée dans Ml 2 :7, où un prêtre, qui donne des instructions, est le messager du Dieu tout puissant. Voir également Dn 12 :3, où « Les doctes resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice à un grand nombre, comme les étoiles, pour toute l’éternité. » et dans Jude 1 :13, où les faux professeurs sont des « astres errants ». Le fait que les lettres furent écrites à l’ange de l’église implique que l’ange a une autorité sur l’église, alors est le chef de l’église. Ramsey prétend que les anges représentent l’autorité délégué du Christ. Il tient les sept étoiles dans sa main droite et représente le siège du pouvoir. Thomas offre l’interpretation la plus plausible, que les anges sont des messagers humains qui représentent l’église mais ne possèdent pas les qualités de chef. Thomas cite Epaphroditus et Epaphras, représentant les églises à Philippi et Colosse, qui sont allés à Rome pour aider Paul lorsqu’il était prisonnier ((Ph 2 :25, 4 :18, Col 4 :12). Le mot grec, « angelos », s’emploie souvent pour parler de messagers humains (Mt 11 :10, Lc 7 :24, 9 :52, Jc 2 :25). Thomas continue son interprétation en disant que l’explication du Christ apprend à Jean que les étoiles représentent les sept visiteurs à Patmos, des hommes qui viennent aider Jean mais qui retourneront chez eux avec un travail précis pour les églises qui les ont envoyés.


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