L’Agneau et les 144,000 (14 :1)


14 :1 Puis voici que l’Agneau apparut à mes yeux ; il se tenait sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portants inscrits sur le front leur nom et le nom de son Père. {2} Et j’entendis un bruit venant du ciel, comme le mugissement des grandes eaux ou le grondement d’un orage violent, et ce bruit me faisait songer à des joueurs de harpe touchant de leurs instruments ; {3} ils chantent un cantique nouveau devant le trône et devant les quatre Vivants et les Vieillards. Et nul ne pouvait apprendre le cantique, hormis les cent quarante-quatre milliers, les rachetés à la terre. {4} Ceux-là, ils ne se sont pas souillés avec des femmes, ils sont vierges ; ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ceux-là ont été rachetés d’entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l’Agneau. {5} Jamais leur bouche ne connut le mensonge : ils sont immaculés.

Après la série de visions mettant en scène le dragon et les deux Bêtes, on trouve une série de vision plus courtes, qui précédent la vision des sept dernières plaies. Ce passage pose la question, pourquoi Jean l’a-t-il écrit ? Dans 15 :2 on voit un groupe de saints qui ont triomphé de la Bête. Cependant, il est important de comparer ceux marqués du nom de la Bête avec ceux marqués du nom de l’Agneau et le Père. Cela montre également comment les 144,000 de Ap 7 :3, sont sains et saufs au ciel malgré leur défaite et leur mort en martyr aux mains des deux Bêtes dans le chapitre précédent. Jean se répète encore dans 15 :2 en nous montrant ceux qui ont triomphé de la Bête. Mais notre Dieu se répète souvent afin que nous, ses enfants, entendent son message.

Caird constate que l’APOCALYPSE est une exposition de Ps 2 et contient une référence à Sion, verset 6 «C’est moi qui ai sacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte. » Il voit les 144,000 comme une armée du Seigneur des seigneurs, ils suivent le Christ partout (v4) et ils suivent même dans la bataille 19 :14,19, 17 :14. Il considère le recensement de 7 :4 comme une appel militaire qui explique également pourquoi ils ne sont pas souillés avec les femmes. La source de son symbolisme se trouve dans les règlements pour la guerre sainte, qui exigeait que les hommes soient purs (Dt 23 :10-11, c.f. 2Sm 11 :11). Il voit les 144,000 comme des martyrs et donc les prémices du grand rassemblement des saints. Comme Jésus, l’Agneau pascal, on n’entendait pas de mensonge de leur bouche ; ils sont immaculés (1P 1 :19, 2 :22-24). 

v1 - Puis voici que l’Agneau apparut à mes yeux ; il se tenait sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portant inscrits sur le front leur nom et le nom de son Père. - Ici commence une nouvelle partie qui met en contraste ceux qui reçoivent la marque de la Bête (de la partie précédente), avec ceux qui sont marqués du nom de l’Agneau et son Père. Ceux-là sont victorieux sur la Bête. On les retrouve dans 15 :2, ceux qui triomphent de la Bête, son image et le chiffre de son nom. Cette scène ressemble à Za 14 :4, lorsque le Seigneur revient, il se tiendra sur le Mont des Olives avec ses disciples. Voir également Ac 1 :9-12. Pourtant, dans verset 2, on voit que Jean entend une voix du ciel, on chante un cantique nouveau devant le trône (verset 3) et ils sont les rachetés de la terre (verset3), donc on peut supposer que le Mont Sion est au ciel (voir aussi He 12 :22, Jl 2 :32, Mi 4 :7). Les 144,000 scellés dans Ap 7 :3 se trouvent maintenant au ciel, ils sont ensemble avec l’Agneau. Il y avait 144,000 scellés, il y a 144,000 au ciel, tous ont été sauvé, personne n’a été perdu (Jn 6 :39, 10 :28-30, 17 :12 , 18 :9). Ils furent marqués dans le Christ avec le sceau, l’Esprit Saint promis qui est le garanti de leur héritage au ciel (Ep 1 :13 :14). Ce passage nous en apprend plus sur le sceau. Les 144,000 portaient son nom (l’Agneau) et le nom de son père sur le front (Ap 22 :3). Ils sont scellés par le Père et le Fils, le sceau de la protection et du propriétaire. Ceci est en contraste avec ceux qui suivent la Bête et portent le nom de la Bête sur la main droite ou sur le front, Ap 13 :16. Les saints sont baptisés dans le nom du Père, du Fils de du Saint Esprit (Mt 28 :19, Ac 2 :38). Ils portent le nom du Père car ils lui appartiennent (comme les serviteurs ou les esclaves) mais ils font aussi partie de la famille de Dieu, ils doivent leur nom au Père et au Fils, comme des fils adoptifs dans la famille de Dieu au ciel, comme sur la terre (Ep 1 :5, 3 :14-15).

La référence au Mont Sion est sans doute encore une référence à Ps 2 ou le Christ est placé comme Roi sur le Mont, la montagne sainte. Dieu demeura sur le Mont Sion, Is 8 ;18, son peuple aussi. Jl 2 :32 indique qu’il y aura délivrance sur le Mont Sion, le grand jour du Seigneur. Notez que dans Ap 22 :3-4, les serviteurs de Dieu le serviront, marqués au front de son nom, ces serviteurs sont les 144,000 qui sont des serviteurs (7 :3-4) et qui représentent l’église entière. Dans 17 :14 on voit l’Agneau avec les siens : les appelés, les choisis, les fidèles.

v2 - Et j’entendis un bruit venant du ciel, comme le mugissement des grandes eaux ou le grondement d’un orage violent, et ce bruit me faisait songer à des joueurs de harpe touchant leurs instruments ; - Dans 19 :6, il entendit : comme le bruit d’une foule immense, comme les mugissements des grandes eaux, comme le grondement de violents tonnerres, on clamait « Alléluia ! Car il a pris possession de son règne, le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout. La voix du Christ ressemble à la tonnerre dans 1 :15 ; les gens disent que la voix de Dieu est comme de la tonnerre, Jn 12 :28 ; la voix de l’ange est comme les sept tonnerres, 10 :3. Jean entend le bruit d’une foule immense qui chante, voir verset 3. Dans Ap 15 :2, ceux qui triomphent de la Bête, de son image et du chiffre de son nom, jouent sur des harpes. Les 144,000 et ceux qui triomphent de la Bête sont les mêmes. Ils tiennent des harpes, donnés par Dieu, comme les Vieillards. Le harpe est symbole de louange.

v3 - ils chantent un cantique nouveau devant le trône et devant les quatre Vivants et les Vieillards. Et nul ne pouvait apprendre le cantique, hormis les cent quarante-quatre milliers, les rachetés à la terre. - Les trois prochains versets donnent une description des rachetés de la terre. Notre première impression est que ces rachetés de la terre forment un groupe précis de saints, mais si on les regarde de plus près, on voit qu’ils ont les caractéristiques de tous les rachetés de la terre. Ils chantent ce cantique devant Dieu, devant les quatre Vivants et les Vieillards. On pourrait donc en déduire que les Vieillards ne représentent pas les rachetés de la terre. Seul, ceux qui sont rachetés peuvent chanter ce cantique, les Vieillards chantent un cantique nouveau, Ap 5 :9 en honneur de celui qui a racheté les hommes pour Dieu. Les rachetés ont également un nouveau nom , Ap 2 :17. C’est un cantique nouveau pour les Vieillards, car l’incarnation et l’ascension du Christ sont des événements récents. C’est un cantique nouveau pour les rachetés de la terre, car leur salut est complet, ils sont enfin au ciel, leur Rédemption est accomplie. Eux seuls, ont le droit de chanter ce cantique. Les anges ne peuvent figurer parmi eux, donc ils ne peuvent le chanter. Seuls, ceux nés sur terre peuvent chanter ce cantique. C’est une nouvelle expérience, alors c’est un nouveau cantique (Hendriksen). Is 25 :9 nous donne une idée de ce cantique : « Voyez, c’est notre Dieu, en lui nous espérons pour qu’il nous sauve ; c’est Yahvé, nous espérons en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu’il nous a donné. »

v4 - Ceux-là, ils ne se sont pas souillés avec des femmes, ils sont vierges ; ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ceux-là ont été rachetés d’entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l’Agneau. - « Vierges » ici signifie pur, et ne doit pas être interpréter littéralement (2Cor 11 :2), cela signifie qu’il faut rester fidèle au Seigneur. Ils représentent l’épouse du Christ et doivent être vierges spirituellement. Les relations sexuelles aux sein du mariage ne sont pas un péché. On peut également traduire « vierges » pour dire que l’on doit éviter des relations sexuelles pendant la bataille (Caird). Ils suivent l’Agneau, Jésus-Christ, donc ils sont ses disciples, Jn 1 :43 et 10 :4. Dans 19 :14, les armées du ciel suivent l’Agneau dans la bataille. Dans 17 :14 on voit la Bête qui guerroie contre l’Agneau : et l’Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, avec les siens : les appelés, les choisis, les fidèles. Ils suivent le Christ partout, ce qui les amène à la croix (Jn 13 :36). Franzmann dit que l’ambition et la couronne de l’église ( l’épouse de l’Agneau), est d’être pour toujours réunie avec Lui. Il est donc normal et inévitable que, jusqu'à ce qu’elle atteigne cet objectif et cette couronne, elle passera sa vie à Le suivre (c.f. Jr 2 :2).

v4 - ceux-là ont été rachetés d’entre les hommes - Ceux sont les rachetés de la terre, de chaque tribu, langue, peuple et nation, c.f. Ap 5 :9, Ps 74 :2. Comme avec le recensement des 144,000 de 7 :3, ce sont les rachetés du Seigneur. Voir également « rachetés » du verset 3.

v4 - comme prémices - Les chrétiens sont une création nouvelle. Ici, les chrétiens sont les prémices (Jc 1 :18), comparez cela à la récolte des raisins de la terre, qui sont foulés dans la grande cuve de la colère de Dieu. Dans l’AT les prémices du sol sont offerts à Dieu, Dt 26 :9-10, et appartiennent au Seigneur. Notez que Jc 1 :18 ne signifie pas que les prémices sont des martyrs, mais que les martyrs sont des prémices. Les 144,000 sont les prémices du moisson de la terre, ils appartiennent au Seigneur. Regardez le moisson de la terre (les saints) de 14 :14-16 et les vendanges de 14 :17-20 (les hommes destinés à la colère de Dieu).

Caird dit « l’idée derrière l’offrande des prémices fut que tout être vivante appartient à Dieu et ne doit être employée à but séculaire sans reconnaissance de ses droits.  La dedication des prémices « rachetait » la récolte et la laissait libre pour l’usage courant, puisque les droits de Dieu, en tant que propriétaire, avaient été respectés (Ex 39 :22, Lv 23 :15-22, Nb 28 :26, Dt 16 :9-12). De la même façon, les premiers-nés des hommes appartiennent à Dieu ; mais Dieu accepta les Lévites à la place (Nb 8 :14-18), pour être un symbole de la sainteté vers laquelle toute la nation est appelée. Dans le NT, Jésus s’appelle « les prémices » car sa résurrection devait être un symbole et une garantie d’une récolte encore plus grande (1Cor 15 :20, 23). L’Esprit s’appelle « les prémices », car il fut la promesse de l’héritage à venir (Rm 8 :23, 2Cor 1 :22, 5 :5, Ep 1 :14). Alors, lorsque Jean dit que les martyrs sont tenus à la rançon de toute l’humanité pour être les prémices, il ne peut pas vouloir dire que « eux seuls sont tenus à la rançon » (NEB. Il doit vouloir dire que l’offrande de leur vie à Dieu est un sacrifice qui sera la cérémonie d’ouverture d’une grande récolte ».

v5 - Jamais leur bouche ne connut le mensonge : ils sont immaculés. - Comparez les saints qui ne mentent pas, avec les menteurs de Ap 21 :8. Comparez-les également avec le passage sur l’église, Ep 5 :27, où l’on décrit l’église comme « sainte et immaculée », voir également So 3 :13 où « Ils ne commettront plus d’iniquité, ils ne diront plus de mensonge ; on ne trouvera plus dans leur bouche de langue trompeuse ». Ils suivent le Christ dans le martyr et comme « il n’y ait pas eu de tromperie dans sa bouche » (Is 53 :9), il fut un agneau sans tache, eux aussi sont sans reproche (1P 1 :19). En contraste avec ceux qui adorent la Bête, ils ne se sont pas laissés tromper à adorer la Bête et à croire le mensonge (2Th 2 :11), leur confession (le témoignage) de Jésus Christ fit la vérité suprême (1 :9, 6 :9, 11 :7, 12 :11, 12 :17, 17 :6, 19 :10, 20 :4), ils n’ont pas nié le nom de Jésus devant les hommes (le mensonge suprême) et se tiennent alors devant l’Agneau (14 :1).

Les trois anges (14 :6)

14 :6 Puis je vis un autre Ange qui volait au zénith, ayant une bonne nouvelle éternelle à annoncer à ceux qui demeurent sur la terre, à toute nation, race, langue et peuple. {7} Il criait d’une voix puissante : « Craignez Dieu et glorifiez-le, car voici l’heure de son Jugement ; adorez donc Celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les sources. »

14 :8 Un autre Ange, un deuxième, le suivit en criant : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande, elle qui a abreuvé toutes les nations du vin de la colère. »

14 :9 Un autre Ange, un troisième, les suivait, criant d’une voix puissante : « Quiconque adore la Bête et son image, et se fait marquer sur le front ou sur la main, {10} lui aussi boira le vin de la fureur de Dieu, qui se trouve préparé, pur, dans la coupe de sa colère. Il subira le supplice du feu et du soufre, devant les saints Anges et devant l’Agneau. {11} Et la fumée de leur supplice s’élève pour les siècles des siècles ; non, point de repos, ni le jour ni la nuit, pour ceux qui adorent la Bête et son image, pour qui reçoit la marque de son nom. » {12} Voilà qui fonde la constance des saints, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

14 :13 Puis j’entendis une voix me dire, du ciel : « Ecris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant - oui, dit l’Esprit - qu’ils se reposent de leurs fatigues, car leurs oeuvres les accompagnent. »

Après la vision des deux Bêtes ; Jean voit les 144,000 avec l’Agneau au Mont Sion, ensuite il voit trois anges. Les anges proclament, chacun, un jugement. Le premier annonce au monde entier que le jugement commence, mais donne une dernière chance aux habitants de la terre à adorer Dieu, le Créateur. Le deuxième prononce le jugement sur Babylone la Grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la colère. Le troisième prononce un jugement horrible le supplice du feu et du soufre pour ceux qui portent la marque de la Bête. On demande aux saints de garder patience et constance, et on bénit ceux qui meurent dans le Seigneur. Après cela il y aura le second avènement et le moisson de la terre. Sont décrits plus loin dans le livre : le second avènement ; la punition de la Bête, le faux prophète, Satan, et ceux qui adorent la Bête ; et le jugement de Babylone la Grande.

v6 - Puis je vis un autre Ange qui volait au zénith, ayant une bonne nouvelle éternelle à annoncer à ceux qui demeurent sur la terre, à toute nation, race, langue et peuple. - L’évangile éternelle est proclamée à toute l’humanité, voir Ap 11 :9, elle est universellement valable. Notez la description en quatre, qui indique que les anges viennent des quatre coins de la terre. Cet appel et le dernier, avant le jugement final, que symbolise les sept coupes, alors après il sera trop tard, voir Mt 24 :14. Notez également que cet appel a lieu entre l’aigle qui vole au zénith criant « Malheur ! Malheur ! Malheur ! » après les trois dernières trompettes, et les oiseaux qui volent au zénith avant le grand festin de Dieu. C’est le dernier appel.

v7 - Il criait d’une voix puissante : « Craignez Dieu et glorifiez-le, car voici l’heure de son Jugement ; adorez donc Celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les sources. » - L’évangile, pris au plus simple, enseigne qu’il faut craindre Dieu, l’honorer et l’adorer en tant que Créateur (Ac 14 :15), car la création l’annonce comme Créateur (Ps 19 :1), Rm 1 :20). Cependant, l’homme se refuse à le faire et semble préférer l’idolâtrie à la place (Ap 9 :20), on adore la Bête au lui de Dieu (13 :4). Les saints, en revanche, reconnaissent Dieu comme Créateur et l’adorent (Ap 11 :1), ils n’adorent pas la Bête (Ap 20 :4). L’heure du jugement est venue, c’est à dire, la vendange et la cuve de la colère de Dieu, les sept coupes et le jugement de Babylone la Grande, proclamé par le deuxième ange dans le verset suivant. Seront concernés par le jugement de Dieu des quatre première coupes, les cieux, la terre, la mer et les sources (c.f. Ex 20 :11). Coupe 1 (la terre), coupe 2 (la mer), coupe 3 (les sources), coupe 4 (le soleil). Ailleurs dans l’APOCALYPSE, on voit que Dieu est reconnu comme le Créateur : par les Vieillards, 4 :11 ; par l’ange puissant, 10 :6. Cependant l’humanité a supprimé la vérité de Dieu et « ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d’hommes corruptibles, d’oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles », Rm 1 :23. Grâce à une théorie, non prouvée, de l’évolution, l’homme préfère être un produit du hasard, descendu des animaux, plutôt que crée par la volonté de Dieu (4 :11) et en l’image de Dieu (Gn 1 :27). « Eux qui ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature de préférence au Créateur, qui est béni éternellement ! » Rm 1 :25. Cette idolâtrie résulte en la débauche et le mal, Rm 1 :24, voir également Ap 9 :20-21.

v8 - Un autre Ange, un deuxième, le suivit en criant : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande, elle qui a abreuvé toutes les nations du vin de la colère. » - La chute de Babylone est proclamée également par un ange dans 18 :2, et décrite dans 17 :16. Son message interprète, en partie, « l’heure de son Jugement » de l’avertissement du premier ange : « elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande » (Swete). Ici, c’est l’introduction à la chute de Babylone, voit Ap 17, cité de Jr 51 :7-8 et Is 21 :9. Babylone la Grande est une référence à Dn 4 :27 où Nabuchodonosor se félicite de son accomplissement : «N’est-ce pas là cette grande Babylone que j’ai bâtie, pour en faire ma résidence royale, par la force de ma puissance et pour la majesté de ma gloire ? », après ces paroles, il se transforma en bête et fut chassé des hommes. Pour Jean, Rome est une sorte de Babylone, et l’empereur romain, une sorte de Nabuchodonosor, qui ne glorifiait pas Dieu. Babylone a séduit le monde par ses adultères, 18 :3. On trouve le premier mention de Babylone dans Gn 10 :10. Elle est la prostituée qui séduit et corrompt les nations du monde par ses adultères. Les grandes cités ont tendance à concentrer le mal de l’humanité. Babylone est le symbole de l’esprit de l’iniquité, qui attire les hommes vers l’adoration des objets créés. Les cités dans leur splendeur, sont un monument à l’homme, pensez à la tour de Babel ou les gratte-ciel de Manhattan. 

v9 - Un autre Ange, un troisième, les suivit, criant d’une voix puissante : « Quiconque adore la Bête et son image, et se fait marquer sur le front ou sur la main, {10} lui aussi boira le vin de la fureur de Dieu, qui se trouve préparé, pur, dans la coupe de sa colère. Il subira le supplice du feu et du soufre, devant les saints Anges et devant l’Agneau. - Le premier ange proclame l’évangile éternelle à ceux qui vivent sur terre, le troisième ange donne des détails de la punition pour ceux qui adorent la Bête et son image. Dans Ap 13 :12, la Bête de la terre obligea les habitants de la terre à adorer la Bête de la mer (13 :12) et d’adorer son image (13 :15) et de recevoir sa marque (13 :16), en le faisant, ils adoraient Satan (13 :4) qui avait donné son pouvoir à la Bête. Ceux qui n’adoraient pas la Bête ne pouvaient ni acheter ni vendre (13 :15-17). L’ange annonce ici la punition pour ceux qui adorent la Bête et son image, qui ne respectent pas ainsi les deux premiers commandements (Ex 20 :3-5). Ceux qui adorent la Bête le retrouveront, 19 :20. Ceux sont ceux dont les noms ne figurent pas dans le livre de vie de l’Agneau (13 :8, 20 :15). Leur péché fut d’être marqués du nom de la Bête, et non du nom de Dieu (Platt c.f. 7 :3). Porter la marque de la Bête signifie qu’ils lui appartiennent, au contraire de ceux qui sont marqués du sceau de Dieu (7 :3, 14 :1).

Boire le vin de la fureur de Dieu est un métaphore courant de l’AT (Jb 21 :20, Ps 75 :8, Is 51 :17, Jr 25 :15). On trouve l’expression « la cuve de la colère de Dieu » dans 14 :19, c.f. Babylone, à qui Dieu donna la coupe « où bouillonne le vin de sa colère », 16 :19. La colère de Dieu est pleine de fureur et de force, elle n’est pas mélangée avec son miséricorde. La punition tombera en la présence des anges saints et de l’Agneau, qui la rend plus personnelle. C’est la première fois que l’on voit la punition par le feu et le soufre, et cela fait allusion au jugement de Dieu sur Sodome et Gomorrah, (Gn 19 :24, Lc 17 :29, voir aussi 2P 2 :6, Jude 1 :7). Cette punition est accomplie dans Ap 19 :20, 20 :10, lorsque la Bête et le Dragon sont consignés au lac de feu et de soufre, et encore dans 20 :15, 21 :8 lorsque leurs disciples les rejoignent. Il faut comprendre notre horreur devant cette punition sous la lumière de la haine de Dieu contre le Mal. Le caractère de Dieu reste constant.

v11 - Et la fumée de leur supplice, s’élève pour les siècles des siècles ; non, point de repos, ni le jour ni la nuit, pour ceux qui adorent la Bête et son image, pour qui reçoit la marque de son nom. » - La fumée de leur supplice s’élève pour les siècles des siècles (c.f. Is 34 :10), leur punition est éternelle, comme celle de Satan (20 :10 voir également Mt 25 :41-46, Jude 1 :7) car Dieu vit pour les siècles des siècles (15 :7) et sa haine pour le péché est éternelle. Ils n’auront point de repos, ni de jour ni de nuit, en contraste avec les rachetés de la terre qui serviront Dieu le jour comme la nuit (Ap 7 :15) et qui n’aura plus de peine (Ap 21 :4) et qui se reposeront de leurs labeurs, verset 13. Ceux qui adorent la Bête, la retrouveront (Ap 19 :20, 20 :15, 21 :8). Voir également Dn 3 :15, où ceux qui refusent d’adorer l’image de Nabuchodonosor seront jetés dans la fournaise.

v12 - Voilà qui fonde la constance des saints, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. - C’est le troisième et dernier appel pour « la constance » de la part des saints (1 :9, 13 :10) face à la souffrance (2Cor 1 :6). Les saints, qui obéissent aux commandements de Dieu et restent fidèles à Jésus, sont mis en contraste ici avec ceux qui adorent la Bête de 14 :9. Les péchés de ces derniers sont énumérés dans 9 :20-21, 16 :9, 21 :8, 22 :15. Les saints ne doivent pas renoncer à leur foi même sous la persécution (12 :17) ou se laisser tenter à joindre ceux qui adorent la Bête. S’ils le font, ils verront aussi la punition éternelle. Les gains temporels de l’adoration de la Bête ne valent pas les conséquences éternelles. « Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu'à l’excès, une masse éternelle de gloire . . . les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. » (2Cor 4 :17-18).

v13 - Puis j’entendis une voix me dire, du ciel : « Ecris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant - oui, dit l’Esprit - qu’ils se reposent de leurs fatigues, car leurs oeuvres les accompagnent. » - On lui dit d’écrire (1 :19) ce qui souligne l’importance de la bénédiction (c.f. 19 :9, 21 :5). C’est une de sept bénédictions de l’APOCALYPSE. Si le verset précédant est une mise en garde, alors ce verset est un encouragement à ceux qui doivent mourir pour leur foi. Ceux qui meurent dans le Seigneur iront avec lui et ils se reposeront de leurs labeurs. Cette phrase s’y trouve pour soutenir ceux qui doivent mourir, puisque la constance apporte la possibilité d’une mort en martyr. Leurs labeurs signifie rester fidèle à Jésus, c’est la labeur suprême, voir Jn 6 :29, « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ». Cette phrase est en contraste avec verset 11, où il n’y aura point de repos ni de jour ni de nuit, mais le livre de l’APOCALYPSE est un livre de contrastes. « Leurs oeuvres les accompagnent » souligne, encore une fois, les conséquences éternelles de nos actes. Adorer la Bête a des conséquences négatives éternelles. Il y a de l’incertitude quant à l’interpretation de « dès maintenant » - cela pourrait signifier : dorénavant, heureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur, ou, heureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur car après la mort ils se reposent de leurs labeurs. Lorsqu’un homme meurt, il ne peut emporter ses possessions, mais sa conduite pendant son vivant (en bien ou mal) le suivra (2Cor 5 :10), voir également Ap 20 :12 où les morts sont jugés selon leurs oeuvres. Pour le prêtre, on pourrait en dire plus des richesses dans ce monde contre les richesses dans une vie postérieure, voir 1Ti 6 :17-19, Lc 12 :32-33, Lc 12 :19-21).

La moisson de la terre (14 :14).

Ap 14 :14 Et voici qu’apparut à mes yeux une nuée blanche et sur la nuée était assis comme un Fils d’homme, ayant sur la tête une couronne d’or et dans la main une faucille aiguisée. {15} Puis un autre Ange sortit du temple et cria d’une voix puissante à celui qui était assis sur la nuée : « Jette ta faucille et moissonne, car c’est l’heure de moissonner, la moisson de la terre est mûre. » {16} Alors celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

Ap 14 :17 Puis un autre Ange sortit du temple, au ciel, tenant également une faucille aiguisée. {18} Et un autre Ange sortit de l’autel - l’Ange préposé au feu - et cria d’une voix puissante à celui qui tenait la faucille : « Jette ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vignes de la terre, car ses raisins sont mûrs. «  {19} L’Ange alors jeta sa faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu, cuve immense ! {20} Puis on la foula hors de la ville, et il en coula du sang qui monta jusqu’au mors des chevaux sur une étendue de mille six cents stades.

Il y a un certain nombre de références à la moisson et aux vendanges dans les écritures (Nb 18 :27, Dt 15 :14, 2R 6 :27). Dans le passage suivant, on parle des deux. La première est la moisson des justes, le deuxième est les vendanges des méchants.

v14 Et voici qu’apparut à mes yeux une nuée blanche et sur la nuée était assis comme un Fils d’homme, ayant sur la tête une couronne d’or et dans la main une faucille aiguisée. - Ici débute une nouvelle vision. La nuée blanche signifie le second avènement. La faucille fait allusion au second avènement et la moisson de l’âge (Mt 13 :37, Mc 4 :26, aussi Jl 3 :12-13). Celui « comme un Fils d’homme » est le Christ, 1 :13, et vient de la vision de Daniel « Voici, venant sur les nuées du ciel, comme un Fils d’homme. » (Dn 7 :13) voir également Ap 1 :7, Mc 12 :26, Mt 24 :30. Cela contraste avec l’homme qui se transforme en bête, ayant usurpé l’autorité de Dieu. Le jour viendra où les rênes du gouvernement seront entre les mains d’un homme digne de ce nom (Baldwin). Notez : le mot grec pour couronne employé ici est « stephanos » et non pas « diadema » comme dans 19 :12. Le cavalier sur le cheval blanc de 6 :2 portait une couronne (stephanos).

v15 - Puis un autre Ange sortit du temple et cria d’une voix puissante à celui qui était assis sur la nuée : « Jette ta faucille et moissonne, car c’est l’heure de moissonner, la moisson de la terre est mûre. » - La fin de l’âge est arrivée, Mt 13 :39, l’ange sortit du temple, signifie la présence de Dieu car seul Dieu peut décider l’heure de la fin de l’âge, Mt 24 :36, Ac 1 :7. L’ange est le messager de Dieu.

v16-17 - Alors celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée. {17} Puis un autre Ange sortit du temple, au ciel, tenant également une faucille aiguisée, - On voit ici que le Christ tient une faucille et la terre est moissonnée. Ensuite on voit que l’ange tient également une faucille et vendange les grappes pour la cuve de la colère de Dieu. Il est probable que le Christ moissonne son peuple, le blé. Ceux sont les prémices de la récolte vues dans Ap 14 :4. Les anges participent à la récolte, Mt 13 :41, « ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d’iniquité ».

v18 - Et un autre Ange sortit de l’autel - l’Ange préposé au feu - et cria d’une voix puissante à celui qui tenait la faucille : « Jette ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. » - Les paroles de l’ange ressemblent à celles de Jl 3 :13, et porte jugement. L’Ange, préposé au feu, c’est à dire le feu du jugement, vient de l’autel où on offrait le parfum et les prières des saints, 8 :3. La petite pelle sert pour jeter le feu sur la terre, 8 :5, comme prélude aux sept trompettes. Les raisins sont mûrs, signifie que l’heure du second avènement est venue et la moisson de l’âge est arrivée. L’ange préposé au feu, ordonne l’autre à vendanger les raisins voir Jl 3 :13 : « Lancez la faucille : la moisson est mûre ; venez, foulez : le pressoir est comble ; les cuves débordent, tant leur méchanceté est grande ! »

v19 - L’Ange alors jeta sa faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de colère de Dieu, cuve immense ! - On trouve mention de la cuve de la colère de Dieu dans Is 63 :2-6, Lm 1 :15, Jl 3 :13, voir également Ap 19 :15 où l’on dit que le Christ foule dans la cuve de vin. Ces deux passages se rapportent au second avènement. La cuve est l’expression de la colère de Dieu et le jour de sa vengeance, lorsque son jugement sera exécuté sur terre (So 1 :14-18, Lm 1 :15 c.f. Ap 19 :15, 21). Les hommes sont les raisins et ils sont foulés dans la cuve, leur sang est le jus de raisin. Jean emploie une image semblable dans 14 :10 « lui aussi boira le vin de la fureur de Dieu, qui se trouve préparé, pur, dans la coupe de sa colère ». Voir également la référence à Babylone lorsque Dieu lui donne la coupe « où bouillonne le vin de sa colère », 16 :19, et, en résultat elle est consumée par le feu (18 :8, 19 :3).

v20 - Puis on la foula hors de la ville, et il en coula du sang qui monta jusqu’au mors des chevaux sur une étendue de mille six cents stades. - Le mot grec pour le sang, « haima » est symbolique du jus de raisin. On foule la cuve en dehors de la ville, car c’est là que l’on trouve les méchants, voir Ap 22 :15. La colère de Dieu n’est pas portée contre son peuple à l’intérieur de la ville qui est la Jérusalem Nouvelle. Tout comme les païens foulent la ville sainte, Ap 11 :2, alors Jésus foule les méchants à l’extérieur de la ville, 19 :15. 1600 stades (184 miles : environ la longueur d’Israël) est un chiffre symbolique, qui a son origine dans le carré de 4, le chiffre de la terre, 7 :1, multiplié par le carré de 10, le chiffre de l’état complet, 5 :11. Cela signifie donc « l’état complet en ce qui concerne le monde créé et notre incapacité d’échapper au jugement de Dieu » (Wilson). Voir également la description du jugement de Pharaon dans Ez 32 :6 : « j’arroserai le pays de ce qui coulera de toi, de ton sang, sur les montagnes ... »


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