Les sept coupes (16 :1)


16 :1 Et j’entendis une voix qui, du temple, criait aux sept Anges : « Allez, répandez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu ».

v1 - Ce sont les coupes du jugement final. Dieu avertit l’homme d’abord, grâce aux trompettes, et ensuite il envoie ses coupes de colère. Les sept coupes portent le nom des sept fléaux. La colère de Dieu est répandue sur la terre, une idée assez courante dans les écritures (Ps 69 :24, 79 :6, Ez 20 :8, Jr 10 :25, So 3 :8). Elles suivent le même format que les sept trompettes : quatre (qui ont effet sur la création : terre, mer, eaux, cosmos) ; deux (qui ont effet sur la Bête) ; et la dernière, qui voit s’écrouler la cité des nations. La voix du temple est la voix de Dieu, Is 66 :6. Le contenu des quatre premières coupes est répandu sur la création de Dieu, et agit sur l’homme à travers son environnement. Ensuite encore deux jugement, qui concernent la Bête, suivi par le jugement final. L’homme est jugé individuellement plus loin. Mounce remarque que 2Th 1 :7-9 sert de base pour l’exposé du jugement : « il tirera vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu et de ceux qui n’obéissent pas à l’Evangile de notre Seigneur Jésus ».

Coupe 1 : répandue sur la terre et concerne ceux qui portent la marque de la Bête.
Coupe 2 : répandue dans la mer.
Coupe 3 : répandue dans les fleuves et les sources.
Coupe 4 : répandue sur le soleil.
Coupe 5 : répandue sur le trône de la Bête.
Coupe 6 : répandue sur le fleuve Euphrate.
Coupe 7 : répandue dans l’air.

On doit noter que les quatre premières coupes ont effet sur l’ordre créé, comme l’avait proclamé le premier ange qui ordonne aux habitants de la terre : « adorez donc Celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les sources » (14 :7).

La première coupe (16 :2)

16 :2 Et le premier s’en alla répandre sa coupe sur la terre ; alors, ce fut un ulcère mauvais et pernicieux sur les gens qui portaient la marque de la Bête et se prosternaient devant son image.

v2 - La coupe est répandue sur la terre et concerne l’homme directement. La première coupe a effet sur tous ceux qui adorent la Bête et lui ont donné allégeance à la place de Dieu. Ils refusent d’adorer Dieu donc leur heure de jugement est arrivée (14 :7). Comparez cela avec la sixième plaie sur l’Egypte, Ex 9 :9, où les gens souffraient des ulcères bourgeonnant en pustules. Ceux qui reçoivent la marque de la Bête sont marqués par Dieu (Mounce). Notez que la coupe est répandue sur la terre, pourtant l’homme est touché (au contraire de la première trompette où les gens ne sont pas touchés, Ap 8 :7. Tout comme Satan frappa Job d’un ulcère (Job 2 :7), ainsi ceux qui suivent la Bête sont affligés d’ulcères. Dans Dt 28 :27 : « Yahvé te frappera d’ulcères d’Egypte, de bubons, de croûtes, de plaques rouges dont tu ne pourras guérir », si l’on désobéit à Dieu.

28.2. La deuxième coupe (16 :3)

16 :3 Et le deuxième répandit sa coupe dans la mer ; alors, ce fut du sang - on aurait dit un meurtre ! - et tout être vivant mourut dans la mer.

v3 - Le sang signifie la mort. Tout être dans la mer mourut, au contraire des trompettes où un tiers fut frappé, Ap 8 :9. Notez que pour les plaies sur Egypte le sang signifiait littéralement le sang. Les deux témoins ont le pouvoir de transformer les eaux en sang, 11 :6. Voir le similitude entre la première plaie sur l’Egypte, Ex 7 :17 où les eaux du Nil furent changées en sang. Cela nous rappelle le lac de sang de la cuve de la colère de Dieu, Ap 14 :19.

La troisième coupe (16 :4)

16 :4 Et le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources ; alors, ce fut du sang. {5} Et j’entendis l’Ange des eaux qui disait : « Tu es juste, « Il est et Il était », Le Saint, d’avoir ainsi châtié ; {6} c’est le sang des saints et des prophètes qu’ils ont versé, c’est donc du sang que tu leur as fait boire, ils le méritent ! »

16 :7 Et j’entendis l’autel dire : « Oui, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, tes châtiments sont vrais et justes. »

v4 - Et le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources ; alors, ce fut du sang. - Le deuxième Ange transforme la mer en sang, le troisième transforme les fleuves et les sources en sang (Ps 78 :44). Le sang signifie la mort, c’est une punition pour avoir versé le sang des saint et des prophètes verset 6. Comparez ce fléau avec la première plaie sur l’Egypte, Ex 7 :17-19, où les poissons dans les eaux meurent et l’eau devient imbuvable. Comparez également avec la troisième trompette où un tiers des eaux devient amère et de nombreux gens meurent, Ap 8 :11. On doit donc supposer que l’image du sang signifie la mort de beaucoup.

v5 - Et j’entendis l’Ange des eaux qui disait : « Tu est juste, « Il est et Il était », le Saint, d’avoir ainsi châtié ; - Notez que Dieu est décrit comme Celui qui est et celui qui était. Il n’est pas celui qui sera parce qu’il est déjà venu en jugement sur le monde. Comparez avec la septième trompette (Ap 11 :17). Ici on voit l’Ange des eaux, dans 14 :8 on a vu l’Ange du feu. Certains diraient que Dieu est sévère dans ses jugements, mais ses châtiments sont prononcés selon les péchés commis.

v6 - c’est le sang des saints et des prophètes qu’ils ont versé, c’est donc du sang que tu leur as fait boire, ils le méritent ! - On explique la raison derrière le jugement ici, ils ont versé le sang des saints, le crime le plus grave que l’homme puisse commettre, 1Ti 1 :13. La punition correspond au crime, ils ont versé du sang, alors ils doivent boire du sang. Cela ressemble au code de Lévitique « vie pour vie » Lv 24 :17-18. Voir également Gn 9 :5-6. Jean emploie l’expression « saoule du sang des saints » dans 17 :6 pour indiquer que la prostituée a tué les saints. Ici, boire du sang, indique que ces gens meurent en punition juste pour avoir tué les saints (Ps 79, Is 49 :26). Dans les plaies sur l’Egypte, l’eau potable est changée en sang (Ex 7 :19). Jean prend cette image et s’en sert pour montrer que les persécuteurs des serviteurs de Dieu doivent boire du sang puisqu’ils ont versé du sang. On fait mention des prophètes ici car ils ont la tradition d’être persécutés (Mt 5 :12, 23 :37, Lc 11 :49). Les deux témoins étaient des prophètes et furent tués (11 :7,10) et, dans 18 :24, il est écrit : « c’est en elle [Babylone] que l’on a vu le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui furent égorgés sur la terre. » Notez « ils le méritent » , cela est en contraste avec « ils en sont digne », voir l’Agneau égorgé qui est digne d’ouvrir le livre car il a versé son sang. L’image du sang versé, souligne l’image de verser le contenir des coupes (Sweet).

v7 - Et j’entendis l’autel dire : « Oui, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, tes châtiments sont vrais et juste. » - Sous l’autel, se trouvent les martyrs qui furent égorgés, Ap 6 :9. Le cri des martyrs, pour que l’on venge leur sang, trouve enfin une réponse car le jugement de Dieu va l’accomplir. Il sera accompli plus loin lors de la chute de Babylone, voir Ap 19 :2.

La quatrième coupe (16 :8).

16 :8 Et le quatrième répandit sa coupe sur le soleil ; il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, {9} et les hommes firent brûlés par une chaleur torride. Mais, loin de se repentir en rendant gloire à Dieu, ils blasphémèrent le nom du Dieu qui détenait en son pouvoir de tels fléaux.

v8 - Et le quatrième répandit sa coupe sur le soleil, il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, - L’Ange peut agir sur le soleil aussi bien que sur la terre. Il n’y a pas d’équivalent parmi les plaies sur l’Egypte, bien que la quatrième trompette agit sur le ciel, Ap 8 :12. Ce fléau semble être eschatologique. Ici, c’est le contraire céleste de la Bête de la terre qui, elle, fit descendre le feu du ciel sur terre, aux yeux de tous, (13 :13-14). Comparez cela avec Dt 28 :22 : « Yahvé te frappera de consomption, de fièvre, d’inflammation, de fièvre chaude, de sécheresse, de rouille et de nielle, qui te poursuivront jusqu'à ta perte. »

v9 - et les hommes firent brûlés par une chaleur torride. Mais, loin de se repentir en rendant gloire à Dieu, ils blasphémèrent le nom du Dieu qui détenait en son pouvoir de tels fléaux. - Ils firent brûlés par une chaleur torride et en contraste avec les saints qui ne seront pas brûlés par le soleil, Ap 7 :16. Regardez Shadrak, Meshak et Abed Nego, qui ne furent pas brûlés par la fournaise. Notez la phrase « qui détenait en son pouvoir » - il est clair que Dieu contrôle ces fléaux. L’accusation contre l’homme est qu’il refuse de se repentir et de glorifier Dieu. L’homme avait eu sa dernière chance dans Ap 14 :7, avant ces fléaux. Les hommes commencent à blasphémer, ils adoptent le caractère de la Bête qui est couverte de titres blasphématoire, Ap 13 :1, 13 :5-6, 17 :3. Malgré ce fléau, l’homme refuse toujours de se repentir et de glorifier Dieu. Ils ont reconnu le pouvoir de Dieu en apportant les fléaux, mais n’ont pas compris que c’est à cause de leurs péchés que Dieu les apportent (Sweet).

La cinquième coupe (16 :10)

16 :10 Et le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête ; alors son royaume devint ténèbres ; et l’on se mordait la langue de douleur. {11} Mais, loin de se repentir de leurs agissements, les hommes blasphémèrent le Dieu du ciel sous le coup des douleurs et des plaies.

v10 - Et le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête ; alors son royaume devint ténèbres ; - Si l’homme préfère les ténèbres à la lumière, alors il les aura. L’homme va vivre la réalité du royaume de Satan, l’absence du bien. Ayant refusé la bonté de Dieu, il va vivre dans le mal qu’il semble préférer (xxxx). Le royaume de Satan est le royaume des ténèbres. Comparez cela avec la neuvième plaie sur l’Egypte, Ex 10 :22, où la terre est plongée dans l’obscurité pendant trois jours. Caird constate que les ténèbres représentent la désintégration politique du royaume de la Bête. Sweet remarque que le trône de Satan, qu’il partageait avec la Bête (13 :2) se trouvait à Pergame (2 :13), la capitale provinciale de Rome. Cela suppose la destruction de l’administration centrale de l’empire - un peu comme le chaos des guerres civiles de 68-69 après J.-C. (Sweet).

v10 - et l’on se mordait la langue de douleur. - Les effets de l’ulcère pernicieux du premier fléau se font toujours sentir (xxxx). Pour la deuxième fois, comme dans la quatrième coupe, on blasphème contre Dieu. Ceci est en contraste aux saints, pour qui il n’y aura plus de douleurs, Ap 21 :4. Comparez avec l’agonie des piqûres des sauterelles de la cinquième trompette (9 :5). Si l’on compare le cinquième sceau, la cinquième trompette et la cinquième coupe, on trouve de l’affliction : l’affliction pour l’église dans le cinquième sceau ; le tourment des sauterelles dans la cinquième trompette pour ceux qui ne portent pas le sceau de Dieu sur le front ; dans la cinquième coupe, l’agonie de ceux qui portent la marque de la Bête et adorent son image.

v11 - Mais, loin de se repentir de leurs agissements, les hommes blasphémèrent le Dieu du ciel sous le coup des douleurs et des plaies. - L’accusation contre l’homme est qu’il se refuse à repentir, malgré les coupes. Voir également la quatrième coupe, verset 9. Comme le Pharaon ils sont au delà du repentir. Dans Rm 9 :17-18, Paul dit : « Car l’Ecriture dit au Pharaon : Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance et pour qu’on célèbre mon nom par toute la terre. »

La sixième coupe (16 :12)

16 :12 Et le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate ; alors, ses eaux tarirent, livrant passage aux rois de l’Orient. {13} Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles - {14} et de fait, ce sont des esprits démoniaques, des faiseurs de prodiges, qui s’en vont rassembler les rois du monde entier pour la guerre, pour le grand Jour du Dieu Maître-de-tout. -

{15} (Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte.)

{16} Ils les rassemblèrent au lieu dit, en hébreu, Harmagedôn.

v12 - Et le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate ; alors, ses eaux tarirent, livrant passage aux rois de l’Orient. - Ceci est tiré d’un événement historique où Sirius, le roi Perse, a capturé Babylone en faisant dévier le fleuve Euphrate, qui coule à travers la ville. Ses armées entrèrent dans Babylone en remontant le lit asséché du rivière (Barclay). Il existe une prophétie contre Babylone dans Jr 50 :38 : « Sécheresse contre ses eaux : qu’elles tarissent ! Car c’est un pays d’idoles, ils se passionnent pour leurs Epouvantails ! ». Tout comme la Mer Rouge et la mer des Roseaux furent asséchées pour que les Israélites puissent s’échapper de l’Egypte (Jos 2 :10) et entrer dans la terre promise, alors le fleuve Euphrate est asséché pour permettre le passage des rois de l’Orient. Certains voient une distinction entre les rois de l’Orient et les rois du monde entier, verset 4. L’Euphrate indique la frontière entre Israël et ses ennemis (Gn 15 :18). Notez le similitude entre la sixième coupe et la sixième trompette de 9 :14, où les quatre anges sont enchaînés sur le grand fleuve Euphrate, et relâchés avec leur armée pour exterminer un tiers des hommes.

v13 - Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles - Ici on trouve la première mention du faux prophète, qui est la Bête de la terre, car c’est lui qui accomplit des prodiges de la part de la Bête, 13 :13, c.f. 19 :20 ; trompe les habitants de la terre, 13 :14, et est détruit, 19 :20. On revoit ici la trinité peu sacré de Satan, la Bête et le faux prophète. La Bête et le faux prophète rassemblent les rois de la terre afin de guerroyer contre le cavalier sur le cheval blanc et son armée dans 19 :19. Satan rassemble les nations pour une bataille contre les serviteurs de Dieu dans 20 :7. Ile se joigne aux deux autres dans l’étang de feu et de soufre, 20 :10. Trois esprits impurs sortent de la gueule des cette trinité. Le fait que les mensonges leur sortent de la bouche signifie qu’ils sont des esprits impurs, c.f. le fleuve de mensonges qui sort de la gueule du dragon (12 :15) et est en contraste avec l’épée du Fils d’homme (1 :16, 19 :15). Les grenouilles sont liées aux plaies, comparez avec la deuxième plaie sur l’Egypte (Ex 8 :3). Les grenouilles sont des animaux immondes, Lv 11 :10. Les esprits impurs sortent de la gueule, notez le mot pour « esprit » et « pneuma » en grec, qui se traduit également par « souffle ». Caird fait remarquer que des blasphèmes sortent de la bouche de la Bête (13 :6), une propagande réligieux sort de la bouche du faux prophète (13 :12-15) ; et un fleuve de mensonges sort de la gueule du dragon lorsqu’il essaie de triompher sur l’église (12 :15).

v14 - et de fait, ce sont des esprits démoniaques, des faiseurs de prodiges, - Les démons sont à l’origine des prodiges accomplis par la Bête de la terre, Ap 13 :13, identifié ici avec le faux prophète. Ceux sont des esprits menteurs, comme ceux qui incitent Achab à la bataille, 1R 22 :21. Ils accomplissent des prodiges de la même manière que l’homme d’iniquité, 2Th 2 :9.

v14 - qui s’en vont rassembler les rois du monde entier pour la guerre, pour le grand Jour du Dieu Maître-de-tout. - C’est la bataille d’Harmagédon, verset 16, et on y fait allusion dans Ap 17 :14, 19 :19 et 20 :8. C’est un exemple du parallélisme de l’APOCALYPSE. Cette bataille précède le second avènement, auquel on fait allusion dans verset 15. Pour d’autres références à cette dernière bataille, voir Za 14, Jl 3, Ez 37, 38. Voir également Ps 2 :2 : « Les rois de la terre s’insurgent, les princes tiennent tête à Yahvé et à son Messie. »

v15 - (Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte.) - Cette parenthèse est un avertissement à l’église, que le Christ viendra bientôt, c.f. l’avertissement à l’église de Sardes de se réveiller, 3 :2. On ne doit pas s’étonner à cette parenthèse, car le second avènement, ou la dernière bataille, se trouve également dans le sixième sceau et la sixième trompette. Être réveillé au retour du Christ est un thème courant dans les écritures, et signifie être spirituellement prêt, Mt 24 :43, 1Th 5 :1, 2P 3 :10, AP 3 :2. Son second avènement a lieu pendant cette bataille, ce qui explique la référence, Ap 19 :19-20. Voir aussi Za 14 :4,5. Ici on trouve la troisième de sept bénédiction de l’APOCALYPSE. L’église de Sardes devait se réveiller, 3 :2, on donna aux martyrs une robe blanche, et quelques-uns à Sardes n’avaient pas souillé leurs habits, 3 :4. Les vêtements sont les habits du salut. Ceux qui vont nus laissent voir leur honte et leur péchés, c.f. on conseille aux habitants de Laodicée d’acheter des habits blancs pour cacher la honte de leur nudité (3 :17-18).

v16 - Ils les rassemblèrent au lieu dit, en hébreu, Harmagedôn. - On trouve d’autres références à ce rassemblement dans Ap 19 :19 et 20 :8. Harmagedôn ou Har-Magedon : Magedon est lié à Megiddo, le Har signifie montagne. Megiddo est le site de nombreuse batailles, mais il ne s’y trouve pas de montagne. Cela a donc intrigué beaucoup de personnes, mais le point essentiel est que c’est là le site de la dernière grande bataille. Les ennemis d’Israël passent par Megiddo avec Débora (Jg 5 :19). Harmagedôn est le symbole de chaque bataille où, lorsque le besoin est au plus grand et les croyants sont vraiment mis à l’épreuve, le Seigneur dévoile Son pouvoir dans l’intérêt de Son peuple en détresse et vainc l’ennemi (Hendriksen). On trouve d’autres allusion à cette dernière bataille ailleurs dans l’APOCALYPSE (17 :14, 19 :19, 20 :9, c.f. 11 :7, 13 :7).

La septième coupe (16 :17)

16 :17 Et le septième répandit sa coupe dans l’air ; alors, partant du temple, une voix clama : « C’en est fait ! » {18} Et ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres, avec un violent tremblement de terre ; non, depuis qu’il y a des hommes sur la terre, jamais on n’avait vu pareil tremblement de terre, aussi violent ! {19} La Grande Cité se scinda en trois parties, et les cités des nations croulèrent ; et Babylone la grande , Dieu s’en souvint pour lui donner la coupe où bouillonne le vin de sa colère. {20} Alors, toute île prit la fuite, et les montagnes disparurent. {21} Et des grêlons énormes - près de quatre-vingts livres !- s’abattirent du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause de cette grêle désastreuse ; oui, elle est bien cause d’un effrayant désastre.

La septième coupe vient tout de suite après la sixième, il n’y a pas d’intervalle comme entre le sixième et septième sceaux, ou la sixième et septième trompette, pour que l’église puisse témoigner, car l’heure du repentir est passée. Il y a des similitudes entre la septième trompette et la septième coupe.

  1. Une grande voix du ciel.
  2. La colère de Dieu est arrivée.
  3. Le temple de Dieu est ouvert.
  4. Des éclairs, la tonnerre, le tremblement de terre et les grêlons.

v17 - Et le septième répandit sa coupe dans l’air ; alors, partant du temple, une voix clama : « C’en est fait ! ». - Satan et ses démons vivent dans l’air (Ep 2 :2). Une voix ordonne aux anges de verser leurs coupes sur la terre (16 :1), ainsi une voix du temple dit « C’en est fait ! », ce qui signifie que la colère de Dieu est accomplie avec la septième coupe. Ce que l’on voit ici est la colère de Dieu sur la société et ses structures, la punition de l’individu arrive plus loin. Comparez la destruction ici avec celle de 21 :6 lorsque « C’en est fait » est prononcé, car le plan de Dieu est accompli, il y a un ciel nouveau, une terre nouvelle et une cité nouvelle.

v18 - Et ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres, avec un violent tremblement de terre ; - Regardez l’ouverture du temple de Dieu de Ap 11 :19 : « puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru ... » Regardez également 8 :5, lorsque la pelle fut jetée sur la terre, comme prélude aux sept trompettes : « Ce furent alors des tonnerres, des voix et des éclairs, et tout trembla. » Le jugement de Dieu sort du temple et du trône, il vient directement de Dieu.

v18 - non, depuis qu’il y a des hommes sur la terre, jamais on n’avait vu pareil tremblement de terre, aussi violent ! - C’est le point culminant du jugement de Dieu, la destruction complète et non pas la destruction partielle comme avec les sceaux et les trompettes. Comparez cela avec Dn 12 :1, Ez 38 :19-20, Za 14 :4-5, Mt 24 :21 et surtout avec Ap 6 :12 :14.

v19 - La Grande Cité se scinda en trois parties, et les cités des nations croulèrent ; - Voir Za 14 :4 où le Mont des Olives est scindé en deux lorsque vient le Messie. L’autre référence à la grande cité est la description en trois dans Ap 11 :8, où l’on appelle Sodome et Egypte, où leur Seigneur fut crucifié. Babylone la Grande se trouve dans la phrase suivante. Dans Ap 18 :10, la grande cité est Babylone, la cité de pouvoir. Le langage employé souligne la destruction complète des cités, commerces et cultures du monde (Is 24 :18-21). Tout ce qui est fait de la main de l’homme est détruit, en contraste avec la cité céleste que reçoivent les saints, une cité qui ne peut être ébranlée, He 12 :26. Notez les lamentations en trois des rois, des trafiquants et des capitaines de la mer lors de la destruction de Babylone dans 18 :9-20.

v19 - et Babylone la grande, Dieu s’en souvint pour lui donner la coupe où bouillonne le vin de sa colère. - Babylone la Grande est présentée ici et punie par la même occasion. On voit la grande cité tout d’abord dans Ap 11 :8. Tout comme Dieu se souvient de Noé pendant le déluge (Gn 8 :1),de Abraham lorsqu’il détruit Sodome et Gomorrah (Gn 19 :29),et de son alliance avec Abraham lorsque les Israélites furent en esclavage en Egypte (Ex 2 :24), alors Dieu se souvient des crimes de Babylone, voir 18 :5. Les deux chapitres qui suivent parlent de Babylone en plus de détails. Elle a obligé les nations à boire son vin (voir Ap 17 :2, 18 :3) et maintenant Dieu l’oblige à boire la coupe de sa colère, voir également Ap 14 :8, Is 51 :17. Quiconque adore la Bête, boira le vin de la colère de Dieu (Ap 14 :9). Il est l’heure du jugement de Babylone, Jr 51 :13 : «  Toi qui sièges au bord des grandes eaux, toi, riche en trésors, ta fin est arrivée, la mesure de tes rapines. »

v20 - Alors, toute île prit la fuite, et les montagnes disparurent. - Cela souligne l’étendue de la destruction, comparez avec le sixième sceau, 6 :14 : « et les monts et les îles s’arrachèrent de leur place ». Voir également Is 13 :13, 24 :19-21. Il y a aussi une ressemblance à l’effet de la présence de Dieu sur le grand trône blanc : « Le ciel et la terre s’enfuirent de devant sa face sans laisser de traces » (20 :11).

v21 - Et des grêlons énormes - près de quatre-vingts livres ! - s’abattirent du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause de cette grêle désastreuse ; oui, elle est bien cause d’un effrayant désastre. - Ils blasphèment Dieu comme ils l’ont fait avec les quatrième et cinquième fléaux, mais cette fois-ci, on ne trouve pas mention du repentir. Voici l’attitude finale de l’homme face à Dieu. Le fléau de grêle correspond à la septième plaie sur l’Egypte et le jugement de Dieu (Jos 10 :11, Ez 38 :22). Dieu envoie la grêle, voir Ap 11 :19, lorsque le temple de Dieu est ouvert, on voit l’arche de l’alliance et ensuite il y a des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et la grêle. Ici les gens blasphèment Dieu pour avoir causé la grêle.


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