Les lettres aux sept églises (3:1)


Sardes (3:1)

3 :1 - « A l’Ange de l’Eglise de Sardes, écris : Ainsi parle celui qui possède les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles. Je connais ta conduite ; tu passes pour vivant, mais tu es mort. {2} Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je n’ai pas trouvé ta vie bien pleine aux jeux de mon Dieu . {3} Allons ! rappelle-toi comment tu accueillis la parole ; garde-la et repens-toi. Car si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je te surprendrai. {4} A Sardes, néanmoins, quelques-uns des tiens n’ont pas souillé leur vêtements ; ils m’accompagneront, en blanc, car ils en sont dignes. {5} Le vainqueur sera donc revêtu de blanc ; et son nom, je ne l’effacerai pas du livre de vie, mais j’en répondrai devant mon Père et devant ses Anges. {6} Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Phrase clef : Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante !

Sardes se situait à environ 80 km à l’est de Smyrne et à environ 48 km au sud-est de Thyatire. Elle était une cité riche et la majorité de la population pratiquait l’adoration des dieux païens avec ses cultes mystérieuses et des sociétés secrètes. Elle possédait un temple magnifique édifié en l’honneur d’Artemis. Le peuple était des idolâtres qui vénéraient la déesse Cybele. Cette vénération sous-entendait des orgies pendant les fête en son honneur (Walvoord). Sardes se croyait en sécurité, pourtant l’acropole est tombé deux fois devant l’ennemi à cause d’une manque de vigilance (Mounce).

v1 - « A l’Ange de l’Eglise de Sardes, écris : Ainsi parle celui qui possède les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles. Je connais ta conduite ; tu passes pour vivant, mais tu es mort. - Il n’y a pas de louange ici car il n’y a rien à louer. Dans 1 :16, on voit qu’il tient les sept étoiles dans sa main droite, qui sont les sept anges des sept églises. Dans 5 :6 on le décrit comme ayant sept yeux qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre. Le chiffre sept indique un état entier. Il est celui qui connaît la condition de l’église, il connaît ses brebis, Jn 10 :14. Celui qui tient les sept Esprits de Dieu connaît leurs coeurs et il les perçoit comme mort pendant que le monde les perçoit comme vivant, voir le commentaire de 1 :4. Le contraste fait avec le monde vivant et mort est une reproche destiné à les réveiller. Ils donnent l’apparence de respecter la religion, mais ils ont perdu la réalité du Christ qui était en eux. Le prochain vers suggère qu’ils ne sont pas vraiment morts, simplement endormis.

v2 - Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je ne t’ai pas trouvé ta vie bien pleine aux yeux de mon Dieu. - Côté spirituel, ils étaient endormis, presque morts, alors le Christ les ordonne de se réveiller ! Une meilleure traduction serait « montre-toi vigilant » (Mounce). Ils étaient comme les cinq vierges qui prirent leurs lampes sans se munir d’huile (ce qui représente le Saint Esprit) pour aller à la rencontre de l’époux, lorsque l’époux arriva elles n’étaient pas prêtes, Mt 25 :1-13. Nous devons être prêts pour le retour du Christ, dont on parle au prochain vers (voir également Mt 24 :42). Leur conduite n’était pas parfaite aux yeux de Dieu, ils n’ont pas atteint la perfection désirée par Dieu.

v3 - Allons ! rappelle-toi comment tu accueillis la parole ; garde-la et repens-toi. - Ils devaient se rappeler la parole de l’évangile qui leur a donnés salut , l’obéir et se repentir (1 Cor 15 :2). Visiblement ils avaient oublié ce que signifiait l’évangile, ils ne développaient plus, ne fructifiaient plus (Col 1 :4-6). Ils avaient besoin d’entendre à nouveau l’évangile pour leur salut. L’interprétation « historiciste » prendrait Luther comme exemple de celui qui entendit l’évangile de nouveau, et une église nouvelle et vivante fut créée. La clef de leur état est d’entendre à nouveau la parole de Dieu , cf. 2 P 1 :9. Ils doivent également obéir à la parole, ils doivent faire la parole et pas seulement l’entendre (Jc 1 :22). Ils doivent se repentir, ils doivent changer d’attitude, se réveiller et renforcer ce qui reste.

v3 - Car si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je te surprendrai. - « je viendrai comme un voleur » fait allusion au second avènement (cf. 16 :15, 1 Thess 5 :2-4, 2 P 3 :10), il dit à l’église de rester vigilante, voir l’avertissement dans Mt 24 :42 « Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître ». Cela les rappelle également leur défaite à deux reprises face à l’ennemi par manque de vigilance. On doit interpréter ce vers comme un avertissement à l’église d’être vigilante à Son retour, ce qui correspondrait avec le message de l’APOCALYPSE (1 :3, 16 :15, 18 :4, 19 :7, 22 :7, 12-14).

v4 - A Sardes, néanmoins, quelques-uns des tiens n’ont pas souillé leurs vêtements ; ils m’accompagneront, en blanc, car ils en sont dignes. - Certains à Sardes ne s’étaient pas compromis avec le monde. Des vêtements blancs signifiaient la sainteté, La foule immense fut vêtue de blanc, 7 :9, l’armée du ciel qui accompagne Christ à son retour est vêtue de blanc. On conseille au peuple de Laodicée de s’acheter des habits blancs pour cacher la honte de leur nudité, 3 :18. Dans 19 :8, le lin d’une blancheur éclatante représente les bons actions des saints. Donc, les vêtements souillés signifient le péché. En parlant du second avènement, Jésus dit : « Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte » (16 :15).

v5 - Le vainqueur sera donc revêtu de blanc ; et son nom, je ne l’effacerai pas du livre de vie, mais j’en répondrai devant mon Père et devant ses Anges. - Il sera revêtu de blanc, c’est à dire pardonné, saint ou pur, comme les vingt-quatre vieillards. Pour le livre de vie, voir Ps 69 :3, Ph 4 :3, Mt 10 :32, Lc 12 :8-9, Ap 13 :8, 17 :8, 20 :12, 20 :15, 21 :27. Déjà, dans Ex 32 :32, Moïse demande d’être effacé du livre de vie si Dieu ne pardonne pas le péché d’Israël. Dans l’APOCALYPSE on voit deux groupes de personnes, celles qui sont inscrites dans le livre de vie et celles qui ne le sont pas. Lang remarque que Sardes était souillé et mourant. Celui qui n’est pas souillé marchera maintenant le jour de la gloire, vêtu de blanc. Celui qui triomphe sur la mort spirituelle ne perdra jamais la vie spirituelle : son nom sera retenu dans le livre de vie. La menace ici est pour celui qui ne se réveille pas - son nom sera effacé du livre de vie.

v6 - Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. - Notez encore une fois la formule. Nous devons tous entendre ce qui est dit.

Philadelphie (3 :7)

3 :7 - « A l’Ange de l’Eglise de Philadelphie, écris : Ainsi parle le Saint, le Vrai, celui qui détient la clef de David : s’il ouvre, nul ne fermera, et s’il ferme, nul n’ouvrira. {8} Je connais ta conduite : voici, j’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer, et, disposant pourtant de peu de puissance, tu as gardé ma parole sans renier mon nom. {9} Voici, je forcerai ceux de la synagogue de Satan - ils usurpent la qualité de Juifs, les menteurs -, oui, je les forcerai à venir se prosterner devant tes pieds, à reconnaître que je t’ai aimé. {10} Puisque tu as gardé ma consigne de constance, à mon tour je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va fondre sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. {11} Mon retour est proche : tiens ferme ce que tu as, pour que nul ne ravisse ta couronne. {12} Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu ; il n’en sortira plus jamais et je graverai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la Cité de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel, de chez mon Dieu, et le nom nouveau que je porte. {13} Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Phrase clef : Disposant pourtant de peu de puissance, tu as gardé ma parole sans renier mon nom.

v7 - « A l’Ange de l’Eglise de Philadelphie, écris : Ainsi parle le Saint, le Vrai, celui qui détient la clef de David : s’il ouvre, nul ne fermera, et s’il ferme, nul n’ouvrira. - Les martyrs dans 6 :10 appellent le Seigneur par le titre « Maître saint et vrai ». Jésus détient la clef de David, citation de Is 22 :22, le pouvoir absolu et l’autorité sur celui qui entre dans son royaume, voir Ap 1 :18. Le maître du palais, Elyaqim devait revêtir les pouvoirs de Dieu et porter la clef de la maison de David (Is 22 :20-22, 36 :3), c’est lui qui décide qui verra le roi. La puissance du Christ est en contraste avec le peu de puissance de l’église de Philadelphie. Le nom de la cité signifie « amour fraternel ».

v8 - Je connais ta conduite : voici, j’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer, et, disposant pourtant de peu de puissance, tu as gardé ma parole sans renier mon nom. - Des louanges, il n’y a pas de reproche. Jésus est celui qui marche parmi les églises et voit. Philadelphie se trouvait sur une route majeure de marchandise entre l’est et l’ouest, une situation qui offrait aux croyants une porte ouverte pour l’évangile dans une région au-delà. Bien que la population ne fusse pas nombreuse et avait une puissance limitée, elle possédait une porte, offerte par Dieu, que nul ne pouvait fermer (Hill). Elle avaient gardé sa parole et n’avaient pas renié Jésus.

v9 - Voici, je forcerai ceux de la synagogue de Satan - ils usurpent la qualité de Juifs, les menteurs -, oui, je les forcerai à venir se prosterner devant tes pieds, à reconnaître que je t’ai aimé. - Il y a mention de la synagogue de Satan dans la lettre à Smyrne (2 :9), les Juifs suivent Satan, dont le nom signifie diffamateur, en diffamant le peuple de Dieu. Visiblement les juifs troublaient l’église à cette époque comme on peut le lire dans Actes des Apôtres, Ac 13 :45, 14 :2, 17 :5, 18 :6, 25 :7. Le fait que le Christ nous a aimés est essentiel à notre foi, (Ap 1 :5, 3 :19, Ep 5 :2). Les Juifs se considéraient les seuls aimés par Dieu et ils détestaient le peuple de Philadelphie, qu’ils considéraient comme des Gentils, et en conséquent en dehors de l’alliance de Dieu. Jésus dit qu’il vengera ses élus et montrera qui est réellement son peuple aimé. Notez que Philadelphie signifie « amour fraternel » en grec. Jésus montrera qui sont ses frères. Le mot pour l’amour de Jésus ici est « agapao » c’est à dire un amour qui pardonne. Jésus l’a fait en mourant pour son peuple. Il y a de nombreuses références dans l’AT ou Dieu justifie son peuple face à leurs ennemis (Is 43 :4, 45 :14, 49 :23, 60 :14).

v10 - Puisque tu as gardé ma consigne de constance, à mon tour je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va fondre sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. - On trouve mention de l’heure de l’épreuve dans Dn 12 :1, Mc 13 :19, et elle est sans doute décrite par les sept trompettes plus loin dans l’APOCALYPSE. L’heure de l’épreuve est pour le monde et non pas pour l’église, qui sera protégée spirituellement. La protection spirituelle de l’église est montrée par la foule de 144,000 marquée au front (7 :3), voir également comment Dieu prend soin de la femme dans le désert (12 :6, 14). Le meilleur exemple de cela se trouve dans la cinquième trompette où on ordonne aux sauterelles d’épargner ceux qui portent sur le front le sceau de Dieu (9 :4, cf. Is 18 :3). Les mots « les habitants de la terre » qui ressemble à « ceux qui demeurent sur la terre (14 :6), parlent du monde et non pas de l’église (Ap 6 :10, 8 :13, 11 :10, 13 :8, 13 :14, 17 :8). Cette promesse concerne tous ceux qui endurent avec patience (voir 1 :9, 13 :10, 14 :12). Tout comme Satan mis l’église de Smyrne à l’épreuve par la persécution, (2 :10), ainsi Dieu éprouve le monde. Le sens de « garder » vient du grec « tereo » : garder, surveiller, alors l’idée derrière ce vers est celle de la préservation pendant l’heure de l’épreuve.

v11 - Mon retour est proche : tiens ferme ce que tu as, pour que nul ne ravisse ta couronne. - « Mon retour est proche » fait allusion au second avènement, voir également Ap 3 :3. Comme avec l’église de Thyatire, il n’impose rien, sinon de tenir ferme ce qu’ils ont, Ap 2 :24-25 cf. 2 Jn 8. Le mot couronne, signifie la couronne du vainqueur (stephanos) plutôt que la couronne royale (diadema), donc il leur dit de tenir la couronne pour que nul ne prenne leur victoire.

v12 - Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu ; il n’en sortira plus jamais et je graverai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la Cité de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel, de chez mon Dieu, et le nom nouveau que je porte. - Ici on voit une abondance de promesses à ceux qui triomphent. A quatre reprises, Jésus cite quelque chose appartenant à, ou venant de « mon Dieu », une expression rare dans les écritures (cf. Jn 20 :17, Ap 3 :2). L’église est la colonne de vérité, le temple de mon Dieu est l’église. La foule de 144,000 dans Ap 14 :1 porte le nom de Christ et de Dieu sur le front. La Nouvelle Jérusalem est l’église qui descend du ciel, voir Ap 21 :2. Dans la vision d’Ezéchiel, la cité s’appelle « Yahvé est là » (Ez 48 :35) cf. Ap 21 :3, 22 :3. Le temple de Dieu sera désormais la Nouvelle Jérusalem car c’est là que demeura Dieu. Le message ici est que celui qui triomphe fera partie (une colonne) de la Nouvelle Jérusalem, il appartiendra à Dieu et au Christ. Celui qui ne renie pas le nom de Christ sur terre, portera son nouveau nom pour toujours. Le nouveau nom est celui gravé sur le caillou blanc (Ap 2 :17). Il indique une intimité (Ap 22 :4). Tout comme il y a une Nouvelle Jérusalem, un ciel nouveau et une terre nouvelle, il y a également un nouveau nom. Après la destruction de Philadelphie, d’un tremblement de terre en 17 après J.-C. l’empereur Tibère leur est venu en aide. Pour marquer cette aide, la cité changea son nom en « Neoceasarea » (la nouvelle cité de César), donc l’église savait ce que signifiait le fait d’avoir un nouveau nom. Seulement son nouveau nom sera celui de son roi et non celui de César.

v13 - Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. - Notez la formule. Nous devons tous écouter et entendre ce qui est dit.

Laodicée (3 :14)

3 :14 - « A l’Ange de l’Eglise de Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et vrai, le Principe de la création de Dieu. {15} Je connais ta conduite : tu n’es ni froid ni chaud - que n’es-tu l’un ou l’autre ! - {16} Ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche . {17} Tu t’imagines : me voilà riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ; mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ! {18} Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir ; des habits blancs pour t’en revêtir et cacher la honte de ta nudité ; un collyre enfin pour t’en oindre les yeux et recouvrer la vue. {19} Ceux que j’aime, je les semence et les corrige. Allons ! Un peu d’ardeur, et repens-toi ! {20} Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. {21} Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son trône. {22} Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

Phrase clef : Ceux que j’aime, je les semence et les corrige. Allons ! Un peu d’ardeur, et repens-toi ! Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi.

L’église de Laodicée devait lire la lettre de Paul aux Colossiens, Col 4 :16, elle n’avait pas rencontré Paul, Col 2 :1. La ville faisait une commerce lucrative de la fabrication de tissu de laine et lors de sa destruction par un tremblement de terre en 60 après J.-C. elle a pu se reconstruire sans aide de l’extérieur (Walvoord). Il s’y trouvait également une célèbre école de médecine qui produit une pommade oculaire (Mounce). La ville puisait son eau de sources chaudes à environ 10 km et l’eau arrivait tiède à Laodicée. Laodicée fut aussi un centre de finance. L’église se laissait influencée par l’attitude de ses citoyens riches.

v14 - « A l’Ange de l’Eglise de Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et vrai, le Principe de la création de Dieu. - Jésus Christ est l’Amen car, en lui, se trouve la certitude de l’aboutissement des promesses de Dieu, 2 Cor 1 :20. On l’emploie souvent comme refrain de l’accord du peuple de Dieu à une doxologie, « Amen ! », Ap 1 :6-7, 7 :12, 19 :4. Pour le témoin fidèle et vrai, voir 1 :5. Voir également Ap 19 :11, le cavalier sur le cheval blanc est le Christ qui s’appelle Fidèle et Vrai. L’APOCALYPSE nous montre que le Christ est le Principe de la création de Dieu. Dans 1 :5, Il est « le Prince des rois de la terre », et ce titre est répété plus loin dans le livre : 6 :15, 19 :19-21. Dans la version NASB de la Bible on peut lire « le Commencement de la création de Dieu » au lieu de « le Principe de la création de Dieu ». Voir Col 1 :16, Ap 13 :8, 21 :6, 22 :13.

v15 - Je connais ta conduite : tu n’es ni froid ni chaud - que n’es-tu l’un ou l’autre ! - Celui qui marche parmi les églises connaît leur conduite. La source d’eau pour la cité de Laodicée venait de sources chaudes et arrivait tiède. Il y a plus d’espoir pour les froids anti-chrétiens, comme Saul, que pour ceux qui sont tièdes.

v16 - Ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche. - Littéralement, il est sur le point de les vomir de sa bouche. Cela pour montrer son aversion pour ces chrétiens tièdes. Le remède se trouve vers 18, où il les conseille d’acheter de l’or, des habits blancs et un collyre.

v17 - Tu t’imagines : me voilà riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ; mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ! - Leur richesse matérielle les a rendu aveugles à leur pauvreté spirituelle. Le monde a envahi cette église. Comparons son attitude avec celle de la prostituée qui dit «  Je trône en reine, je ne suis pas veuve, et jamais je ne verrai le deuil » (18 :7). Laodicée se vantait de trois choses : ses richesses, son industrie de textile, et une pommade oculaire, qui fut exportée dans le monde entier (Mounce). L’église se croyait riche, mais aux yeux du Christ, elle était pauvre. Dans Os 12 :9, Ephraïm se vante, « Oui, je me suis enrichi, je me suis acquis une fortune ; de tous mes gains, on ne me retrouvera pas une faute qui soit un péché ». Comparons l’église de Laodicée avec celle de Smyrne, qui était , elle, affligée et pauvre, mais riche aux yeux de Dieu. L’attitude de Laodicée ressemble à celle des Pharisiens, qui se croyaient riches mais étaient en réalité malades (Mt 9 :10-13). Ils croyaient voir, mais ils étaient aveugles (Jn 9 :40-41, Mt 15 :14). La situation de Laodicée est dangereuse, car elle ne s’en rend pas compte.

v18 - Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir ; des habits blancs pour t’en revêtir et cacher la honte de ta nudité ; un collyre enfin pour t’en oindre les yeux et recouvrir la vue. - Le conseil de Dieu est en trois parties : acheter de l’or pour devenir riche au lieu d’être malheureux, pitoyable et pauvre : des habits blancs pour cacher la nudité ; et de la pommade pour voir.

v18 - achète chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir - Ici c’est acheter sans argent (Is 55 :1, Ap 21 :6) les vraies richesses sans prix, le salut gratuit. Dans 21 :6, Dieu offre la source de vie à celui qui a soif, dans 22 :17, l’invitation est donnée par l’église. Les Laodicéens comptaient sur leurs propres richesses sans foi en Christ. L’or représente la foi en Christ, voir 1 P 1 :7, qu’ils ne peuvent obtenir que du Christ. Ils ne peuvent emporter leurs richesses après la mort, mais leurs oeuvres les accompagneront (14 :13).

v18 - des habits blancs pour t’en revêtir et cacher la honte de ta nudité - Au commencement Adam et Eve étaient nus mais ne ressentaient aucune honte (Gn 2 :25) Après avoir péché, ils avaient honte de leur nudité et cousirent des feuilles de figuier pour se couvrir (Gn 3 :7). Dans 16 :15, lors du second avènement, le Christ bénit « celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte ». Dans 3 :4-5, ceux à Sardes qui n’ont pas souillé leurs vêtements marcheront avec le Christ vêtus de blanc car ils seront dignes. Ceux de Laodicée n’avaient même pas de vêtements, ils étaient nus, et ils doivent venir au Christ pour s’habiller et couvrir leurs péchés. Josué, le grand prêtre, était vêtu d’habits sales dans Za 3 :3-4, et on lui donna des habits somptueux après lui avoir enlevé ses péchés. Ces habits sont les habits blancs de salut (Is 61 :10). A travers l’APOCALYPSE, les habits blancs représentent le salut et la justice (6 :11, 7 :9, 7 :14, 19 :8, 19 :14) et, dans 7 :14, ceux qui viennent de la grande épreuve «  ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau ».

v18 - un collyre enfin pour t’en oindre les yeux et recouvrir la vue - Ils ne voient pas leur nudité, et doivent ouvrir les yeux pour voir leur état. Laodicée fut célèbre pour sa pommade oculaire. Encore une fois, les Laodicéens doivent acheter le remède du Christ.

v19 - Ceux que j’aime, je les semence et les corrige. Allons ! Un peu d’ardeur, et repens-toi ! - Une phrase tendre de l’APOCALYPSE. Ceux que j’aime ... le Seigneur corrige ceux qu’il aime, comme ses enfants, Pr 3 :12, He 12 :5-8. Notez que, malgré leur état pitoyable, ils font toujours partie de l’église de Christ, comme les autres. Le mot grec employé ici est « phileo » dans les autres références on a employé « agapao » (1 :5, 2 :4, 2 :19, 3 :9, 12 :11, 20 :9) la seule exception étant 22 :15.

v20 - Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. - Le temps, au présent, indique une action continue. Le mot « quelqu’un » ne fait pas un appel universel, mais individuel. L’individu doit entendre le Christ qui frappe à la porte, c ‘est à dire, Sa voix, et ensuite, ouvrir son cœur pour le laisser entrer. Le souper signifie une fraternité avec Christ (Jn 14 :23) et anticipe le festin plus loin, aux noces de l’Agneau (Ap 19 :9). Jésus dit « celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jn 5 :24). « Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu » (Jn 8 :47).

v21 - Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire ; j’ai siégé avec mon Père sur son trône. - Ce vers souligne un des points clefs de l’APOCALYPSE, Jésus triompha comme l’Agneau en restant fidèle jusqu'à la mort et il se donne en exemple de celui qui a triomphé. Il a vaincu obéissant sur la croix (Ph 2 :8-9) et il est donc exalté comme le Lion du tribu de Juda. L’APOCALYPSE nous montre qu’on demande la même obéissance de la part des saints, qui sont vaincus par la Bête (13 :7), et deviennent des martyrs parce qu’ils refusent d’adorer l’image de la Bête (13 :15). Plus loin, on les voit, victorieux sur la Bête (15 :2). Pierre nous montre l’exemple du Christ, de celui qui est mort injustement en mourant sur la croix (1 P 2 :13-25, 3 :9) mais qui est « passé au ciel, est à la droite de Dieu, après s’être soumis les Anges, les Dominations et les Puissances » (1 P 3 :22). Ceux qui souffrent avec lui régneront avec lui (5 :10, 20 :4-6, 22 :5).

v22 - Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. - Notez la formule. Nous devons tous écouter et entendre ce qui est dit.


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l'Apocalypse